‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700Chapitre 28 sur 284 · LA PIETE PROTESTANTE · texte numérisé non relu

LA PIETE PROTESTANTE

Le protestantisme français abîmé par la dragonnade, rayé du royaume par la révocation de ledit d'Henri IV. privé de ses pasteurs, ne devait cependant pas périr. La vitalité de la piété réformée allait au contraire s'alïirmer dans cette effroyable crise, avec une admirable netteté. Bàville, s'il comptait fermement que l'avenir réaliserait les intentions dernières du roi, envisageait le présent avec une sérieuse méfiance. En annonçant ses succès, il écrivait en Cour : a Voilà un grand ouvrage, mais en vérité il ne faut le croire entièrement consommé. Il demande bien des soins. Il est question de gagner les cœurs, et de faire comprendre à ce grand nombre de convertis qu'ils ont bien fait de prendre ce parti ' ». Les coeurs qu'il s'agissait de gagner étaient en effet singulièrement rebelles au catholicisme".

Les efforts scolastiques du protestantisme au xvii^ siècle pour définir et fixer rigoureusement la doctrine des premiers réformateurs l'avaient indubitablement dépouillée de ses hardiesses et de sa vivante spontanéité. Il semblait aux docteurs de Rome, dès 1660, que la réforme en un sens déjà catholicisée, ne pouvait manquer daller bientôt jusqu'au bout de son évolution. Des protestants instruits de leur foi, des pasteurs, renonçaient individuellement à 1 hérésie, d'autres étaient vaguement gagnés à l'idée d'une réunion des deux communions'. Il importe cependant de ne rien exagérer, et de pas attacher trop d'importance aux Mémoii'es du clergé qui demandent au roi des mesures sévères contre les ministres, en se fondant sur ce que ceux-ci déjà secrètement gagnés, ne sont plus retenus dans leur parti que par la peur de leurs ouailles. Plus d'un pasteur, que les dra-

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