CHANTS CKLESTES DES PSAUMES
entendu, la nuit, dans les airs'. L'événement datait des premiers mois de IG80. Un réformé dOrthez, avant môme la ruine de son temple, avait perçu léchant mystérieux. En décembre, les Cévenols l'entendirent à leur tour. Il ne saurait être question d'une supercherie, mais bien comme nous l'avons dit, d'hallucinations personnelles et collectives, qui comportent la véracité totale des témoins qui les rapportent'.
Le 17 décembre, M. de Valobscure [ou Yalescure] qui habitait un château isolé, au fond d'une i;ori;e profonde, dans la paroisse de PeyroUes (près de Lasalle), écrit à Barjon, ancien ministre de Saint-Marcel de Fonfoulhouse. réfugié à Lausanne : « Nous voyons des choses étranges dans tous leè endroits des Céoennes. On entend chanter de nuit les Psaumes en l'air comme si c'était dans un temple. Mercredi dernier [1^ déc] j'étais couché dans ma chambre, et environ la minuit j'entendis sur le couvert [le toit] une voix fort éclatante qui m'éveilla, et ensuite cinq à six voix qui lui assistèrent, et chantèrent cinq ou six versets du Psaume o. Tous ceux de la maison l'ont ou'ie plusieurs fois, et cela a été oui par tout notre pays ». Quelques semaines plus tard (27 janvier 1086), les souvenirs maudits des tambours des dragons s'ajoutaient à la mémoire ties chants aimés. Le S' de Valescure entendait maintenant « battre un tambour comme si des gens de guerre marchaient, et cela s'était entendu en plein jour en beaucoup de lieux». Ailleurs, une trompette mystérieuse sonnait, « comme si une armée allait à la charge'' ». Le S"" de la Gardiole ', avait ouï les Psaumes à deux cents pas de la ville du Vigan, et deux ans plus tard, en Hollande, pleurait encore d'émotion en rappelant ce souvenir. M''*= de Vébron (Jeanne de A'ignolles), vers Saint-Germain de Galberte, prétemlait avoir reconnu dans ce concert céleste, plus de trente Psaumes diilé-
1. Sur le chaut des Psaumes dans les airs, voir Jurieu, Lettres f'astorah's, I, l'»."t, III, Sti (on trouvera ailleurs la nienlion de quelques faits analogues qui se produisirent eu Vivarais, et qui furent rapportés à Brousson en I6'.>7i. C'est nous qui souli^:nons quelques phrases.
2. Kn mars IdSO, Blanche (îamoud, de Saint-Paul Trois (Châteaux (Drônie), entend pendant son sommeil une voix qui lui ordonne de quitter le royaume. Klle suppose (jue la voix a pu être entendue de ses compagnes de chambre (DeH.v lu-roines. . ., pp. 53, 34).
3. Témoignage du pasteur Besse [de la Gujenne, ou du Rouergue]qui fut suivi alternativement par ce bruit de trompettes ou par l'harmonie des Psaumes, sur son voyage d'exil, à travers le Rouergue, le Gévaudan, le Lyonnais et la Savoie.