‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700Chapitre 43 sur 284 · François de La Cour, S' de la Gardiolle, du Vigan · texte numérisé non relu

François de La Cour, S' de la Gardiolle, du Vigan

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rents. « Nous ue pouvons douter, écrivait-elle (et c'était là l'interprétation unanime des Cévenols), que ce ne soient des troupes d'anges que Dieu nous envoie pour notre consolation, pour nous assurer que Dieu ne nous a pas tout à fait abandonnés et que notre délivrance approche». La sœur du ministre La Roquette, en écrivant du Collet de Dèze. que le S"^ de Cadoine avait entendu les Psaumes avec toute sa famille, ajoutait, le 8 février : « Pour moi. et presque tout le inonde de notre pays, nous avons entendu cette voix, mais nous n'avons pas pu discerner si ce sont en effet des Psaumes. Il nous semble que c'est une plainte, et même, à l'heure que je vous écris. J'entends cette plainte ».

Tous n'étaient pas favorisés en effet des mêmes grâces. A Marvéjols, vers Noël (I680), trois femmes ont entendu la voix pendant la nuit'.Les semaines suivantes, les Nouveaux Convertis de la ville sortent le soir hors des portes, en bandes silencieuses. Il se forment en petits groupes, lisent à voix basse le Nouveau Testament, à la lueur d'une lanterne dont leurs manteaux éteignent l'éclat, et ils attendent. Ils attendent qu'il plaise à Dieu de leur faire entendre la voix de ses anges, ou tout au nioins cette plainte douloureuse et monotone, qui leur garantira que le ciel pleure avec eux, que l'avenir leur appartient, « que Dieu ne veut pas laisser mourir leurs voix et leurs cantiques ». Ceux-là n'ont pas entendu, mais la persuasion qu'ils pouvaient entendre, suffit, comme dit le juge Uouvière qui informe, à « retarder les instructions et les éclaircissements » que leur prodiguent pendant le jour les missionnaires de l'évêché.

L'audition du chant des anges cessa dans les Cévennes dès les premiers mois de 1G8G. A cette date les protestants s'étaient déjà ressaisis. Leur exaltation, en se pliant à la forme régulière de leur culte habituel, avait perdu de sa première smgularité.

Les sons miraculeux qui avaient confirmé dans leur foi des cœurs repentants étaient en réalité sortis de cette foi même. La révolte des protestants éclata en effet dès la première heure, au travers de leur soumission apparente. Il n'est pas question d'une méthode de résistance à laquelle se seraient dès l'abord astreints les Nouveaux Convertis. Leurs protestations cependant furent si bien conditionnées par leur éducation première qu'elles se trouvèrent conformes à un programme que traça un pasteur

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