PREMIERS CULTES PUBLICS
Le culte de famille était chez les huguenots du xvii^ siècle une coutume fréquente. Non seulement la bénédiction était prononcée avant les repas, mais souvent, matin et soir, devant les habitants de la maison, le père lisait un chapitre de IF^criture, une prière, faisait chanter une pause de Psaume. Les Nouveaux Convertis gardèrent cette habitude en leur particulier. Crouzil de Clermont-Lodève, rapporte « qu'il a continué de faire la prière dans sa maison en la forme de ceux de la R. R. avec sa nièce, sa belle-sœur, et ses neveux tant seulement » '. Jean Marvéjols, de Lézan, déclare de même u qu'il fait deux exhortations par jour à sa femme et à ses enfants, les exhortant de vivre dans la crainte de Dieu, de professer la religion dans laquelle ils sont nés, et leur enseignant ce qu'il y faut croire i). et nous avons vu le pasteur Dumas engager un de ses anciens paroissiens à dire dans sa famille « les prières accoutumées », comme il le fait lui-même '.
Un auditoire de parents pouvait s'accroître naturellement d'amis et de voisins, et le culte s'élargir jusqu'à devenir à peu près public. Le père qui, entouré de ses enfants, devenait prêtre à son foyer, le tidèle (|ui comme NissoUes pouvait prier auprès d'un malade, le membre du consistoire ou le chantre qui en l'absence momentanée du pasteur célébrait pour la communauté le culte du dimanche, ne rencontraient dans leur conscience aucun préjugé religieux qui les empêchât de « consoler» une (( assemblée» après l'exil des ministres. Le sacei'doce universel ne fut pas seulement une théorie qui soutint, lors de sa formation première, la Réforme du xvi« siècle, mais une réalité,