‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700Chapitre 57 sur 284 · Bull. X. 44a · texte numérisé non relu

Bull. X. 44a

BOlSfJCET A ANDL'ZE 01

entre le bois de Boisset et les terres découvertes dudit Boisset ». Tous s'aa^enouillent et se découvrent. Abraham Bousquet, chiruri;ien-barbier d'Anduze entonne le Psaume 51, après quoi il se i-elève, tire de sa poche un cahier contenant plusieurs feuilles, dont il fait la lecture. C'est un sermon qui dure à peu près une demi-heure. L'assemblée s'agenouille encore pendant que Bousquet, dans le même cahier, lit une prière. On chante un nouveau Psaume et l'on repart. Quelques pas plus loin, comme la troupe passe sous des châtaigniers, le barbier ouvre encore son Psautier et entonne un dernier chant. Une fois de plus ses compagnons s'agenouillent et achèvent le Psaume avec lui. La nuit tombe, tout le monde rentre à Anduze.

Nous avons vu Grouzil arrêté, Cambolive poursuivi. L'assemblée de Rey à Yauvei't donna lieu à des informations immédiates. L'assemblée de Ganges demeura ignorée. Celles de Boisset allaient provoquer des condamnations'. L'édit de révocation défendait aux sujets du roi « de plus s'assembler pour faire l'exercice de la R. P. R. en aucun lieu ou maison particulière, sous quelque prétexte que ce puisse être». Bàville et Noailles, dans leur Mémoire du 24 octobre avaient demandé à la Cour, entre autres éclaircissements, « si l'on pouvait prendre pour un exercice les prières qu'un religionnaire ferait dans sa maison en particulier avec sa famille et ses domestiques, ce qui rendrait la maison de chaque religionnaire un temple ? » La réponse (du 15 novembi'e) fut qu'on ne pouvait empêcher un chrétien de faire des prières dans sa maison « pourvu que ce fût à voix basse, en sorte qu'il ne pût être entendu de personne et qu'il ne fit aucun scandale ». C'était dire que toute réunion, quelle qu'elle fût, était condamnable. En 1G87, un curé dénoncera, à Meyrueis « une femme qui a failli être surprise dans une maison, elle troisième, un dimanche, à l'heure de vêpres, où elles s'assemblaient ■ ».

1. Déjà le i4 septembre lOSj, Louvois, informé que le ministre Flavart avait prêché dans des lieux cachés a la campag:ne dans les Cévennes, et dans quatre maisons particulières à Lasalle, avait ordonné à Bàville, après vérilication du lait, de l'aire '(raser les maisons rez pied re/ terre», pour ôter par un tel exemple aux religionnaires l'envie de prêter leurs maisons pour faire faire des prêches au préjudice des ordonnances {Bail. XXXIV, i.SSi. Flavart était un proposant dWnduze, qui lit, entre Anduze et Lasalle, avec le chantre Ferrier d'Anduze, des assemhlées analogues à celles de F. Rey. Il passa bient(U en Hollande (C. lO:}. Ass. de Hoisset).

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