‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700Chapitre 69 sur 284 · LES ACCOMPAGNATEURS · texte numérisé non relu

LES ACCOMPAGNATEURS

Nous ne croyons pas, si le fait est exact, qu'il y ait lieu d'insister sur le détail d'une organisation qui dès le début demeura certainement fort vague, et qui finit par disparaître à peu près complètement, à mesure que la recherche des assemblées devint plus sévère. Il est siir, cependant, que dans certains quartiers des protestants fidèles acceptèrent de se tenir en contact avec le prédicateur et ceux qui le suivaient.

Un ensemble d'habitudes imposées par les circonstances s'établit dans la nouvelle vie ecclésiatique. Les prédicants furent escortés de quelques hommes, presque toujours armés, qui veillaient sur leur personne, avertissaient d'avance les aiïidés dans les lieux où ils devaient passer, et se faisaient aussi leurs auxiliaires dans la célébration du culte. Ils prononcent d'abord des prières, un beau jour ils prêchent à leur tour. Il faut ajouter que dans les lieux oîi ils le précèdent, ces « accompagnateurs » assurent au prédicant l'aide matérielle des Nouveaux Convertis. Les premiers pasteurs du désert ont dû recourir presque tous, pour vivre, à la charité de leurs auditeurs. La question pécuniaire fut pour eux embarrassante et cruelle. Ils terminent leurs cultes par une quête qui leur est destinée. A la Sagne, au pré de Montvaillant, à la Bèbe, les suivants de Vivent et de Bringuier présentent aux assistants la bourse, ou plutôt le chapeau.

Dès les premières assemblées des Cévennes, en janvier et en février 1G86, nous trouvons réunies toutes les particularités qui vont accompagner les cultes et la vie des prédicateurs « extraordinaires ». L'acte accompli par Vivent à la bergerie de Cézas nous révèle d'autre part le sérieux avec lequel ses compagnons et lui, envisagent les fonctions qu'ils assument.

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