Vidal et Arnaud sortaient du mas de la Gaerle
3. Sur Arnaud, voir Ribard, pp. li à 30 et C. 164. Dossier Arnaud. Arnaud avait été camarade d'école de Vidal. D'abord pillée par les draj;ons, sa maison du Buisson avait été ensuite rasée. Le consul de Gros déposa qu'Arnaud ayant été pressé par le curé de faire abjuration, avait demandé dix jours pour y penser. Le prêtre lui lit répondre qu'il avait eu déjà tout le temps nécessaire ; sur quoi Arnaud aurait prié le consul de l'année, de lui accorder le délai qu'il réclamait, sinon il en coiiterait la vie au curé. Arnaud aurait également menacé do mort les deux consuls qui pour exécuter les ordonnances mettaient en vente les biens des fugitifs ; et l'un des deux, Teyssonnières, avait été, depuis, mystérieusement assassiné.
Ilt3 LES PRKDICAXTS PROTESTANTS
C'est la dernière mention qui nous soit faite du prédicaut. 11 mourut de maladie, au dire de Brousson', dans le villaf^e de Cézas, après une activité de cinq à six mois lavril ou mai).
Aux environs d'Alais. Mandajors parvint à prendre deux des suivants de Bringuier : Soulier, de Monoblet, et Fraissinet. de Sainte-Croix de Caderles (14 mars). Tous deux réussirent à s'échapper pendant leur transfert à Montpellier, mais Mandajors avait obtenu d'eux d'importants renseignements sur l'activité du prédicaut qu'ils escortaient. Bringuier était demeuré à Anduze deux jours, caché chez le cordonnier Leuzière. avec Fraissinet, tandis que Soulier, et son cousin Jacques Nadal de Lasalle. informaient les protestants de Tornac de sa présence, et qu'un autre fugitif, Jacques Salendres. de Soudorgues. dit Le Capitaine, « avertissait » d'un autre coté. Le matin du dimanche 10 mars, le prédicaut avait quitté la ville, une assemblée étant convoquée pour le soir, en vue de laquelle Soulier était allé chercher des auditeurs jusqu'à Monoblet, Yabres et Lasalle. Le culte avait eu lieu à Blateyras. dans une maison inhabitée, et Bringuier y avait prêché devant 400 personnes dont quarante portaient des fusils. Les gens d' Anduze y étaient venus peu nombreux, car le pont du Gardon était surveillé la nuit par des soldats.
Bringuier se disposait maintenant à quitter le quartier car « on le demandait ^) vers Salinelles. aux environs de Sommières, et !Nadal regrettait si fort de le voir abandonner une région bien disposée, qu'il se préoccupait de lui trouver immédiatement un successeur. 11 venait de proposer à Soulier a de lui payer sa course » si celui-ci consentait à aller chercher Vidal qu'on croyait alors au Pont de Montvert.
Bringuier prêcha près de Lédignan le soir du 13 mars', puis dans le grand bois dit le Bois Nègre, à quelque distance du chemin qui menait de Massillargues à Sauve, puis deux soirs de suite vers Ouissac, dans le bois de Cannes, donnant la Cène dans le dernier culte, qui réunit l.oOO auditeurs \
Les aveux de Soulier confirmèrent à Mandajors la nouvelle que Vidal avait été consaci'é par un certain Bousquet. Bàville