VIVENT A SAINT-GERMAIN
part lie ses compagnons cVœuvre. il a été chantre et lecteur. Fugitif depuis la dragonnade avec un de ses parents (son frère sans doute), il a environ 2G ans. Il apparaît dans le quartier de la Valmv à l'époque où Faïsses, ancien paroissien comme lui du pasteur Motte, de Barre, était réfugié à Saint-Germain de Calberte. Rocher rencontra vers Peyrolles le frère de Faïsses, dit Laroche, et descendit, à ce qu'il semble, avec lui vers Anduze (milieu d'avril).
Vivent, demeuré dans la montagne, passa de Moissac à Saint-Germain. Fa'ïsses, qui ne le connaissait que sous le surnom de « Bosquet », l'y vit arriver avec le S"" Calmel, de Masbernat (Saint-Etienne de Vairrancesque)etleS''Dombres (l'aîné), du Villaret (Saint-Paul la Coste). Dombres avait été chantre, et devait bientôt passer pour prédicant ' , En même temps que Fa'isses, et dans la même demeure hospitalière, étaient cachées trois fugitives, M"^ de Yébron, Belotte et Marion de Belcastel, de Mauguio. Vivent leur promit une assemblée qui se tint (fin mars) un mercredi soir au mas du Dégoûtai (Saint-Etienne de Valfrancesque). Une jeune fille, fondant en larmes, y jura qu'elle n'irait plus à la messe à moins qu'on ne l'y portât. La propriétaire de la maison, une demoiselle fort âgée et tort zélée pour la religion, n'avait pas hésité à l'ouvrir au prédicant, mais la foule fut si considérable qu'il fallut demeurer dans la basse-cour, au clair de lune '.
Vivent continua sa route vers le nord, suivi cette fois par Pierre Faïsses. Le 6 avril, un culte fut célébré dans la paroisse de Saint-Privat de Vallongue, exempte alors de gens de guerre. L'assemblée est dénoncée. Une compagnie de fantassins est logée dans la vallée. Vivent, après avoir baptisé un enfant à Saint-Privat passe au Rouve, puis au Pradal (Saint-André de Lancize). Il revient alors vers Saint-Germain et redescend dans la direction d'Alais^
Il allait être désormais poursuivi avec acharnement. Les troupes cantonnées dans le pays venaient de recevoir des insti*uctions plus sévères auxquelles se joignaient des promesses. La
1. Dombres avait oté chantre à Saiut-Maitin de Boubaux. Il est noté comme lugitif de cette dernière communauté (Rouquetlc, III, 2(51). Brousson le dit «ancien » de Saint-Paul la Coste.
'2. Méin. de Faïsses, et récit d'A. Court (Pap. Court, 2S) daprés une Relation à nous inconnue.
3. Mém. de P. Faïsses. (Hall. XXVII, i57). Faïsses commet une erreur en plaçant le Di'goutai dans la paroisse de Saint-Privat.
130 LES PRliOICANTS PROTESTANTS
Trousse (29 mars)' avait, par une lettre circulaire à tous ses officiers, donné l'ordre de « mettre tout en usage pour détruire entièrement les assemblées ». Il leur prescrivait, en cas de surprise, d'écharper quelques-uns des auditeurs, d'en arrêter le plus qu'ils pourraient, de pendre sur le champ cinq ou six des plus coupables, et de conduire le reste en prison. Des partis (patrouilles) devaient se saisir des fugitifs, des huguenots qui n'auraient point abjuré, et de tous ceux qui porteraient des armes. 100 pistoles récompenseraient la découverte d'une assemblée, 100 louis d'or la prise d'un pi'édicant, 200 celle d'un ministre. Les autorités du Languedoc étaient convaincues que des pasteurs réguliers, revenus de l'étranger, travaillaient le zèle de leurs anciens paroissiens.
Vivent ne tarda pas à constater les effets des ordres nouveaux. Le 13 avril, veille de Pâques, il célébra la fête à la Cam (?) audessus de Mialet. L'assemblée, très considérable, l'aurait été plus encore sans l'avis que les protestants d'Alais donnèrent, que les dragons étaient partis pour la surprendre. Les soldats s'appi'ochèrent en effet. Le bruit courut qu'ayant vu tant de monde et beaucoup de fusils, ils n'avaient pas osé aller de l'avant. Cependant une relation contemporaine rapporte autrement les faits, et nous instruit de l'énergie avec laquelle le prédicant était défendu par ses suivants ■.
Le S"" Vivent ayant fait faire une autre assemblée par-delà Fanguières [falguières, près de Saint-JeaiiJ, les dragons y allant i)Our l'attaquer, le peuple les ayant vu venir se sauvèrent sans aucun mal, ledit Sr Vivent ayant été poursuivi par fjuelques dragons, un oflicier et un (?). Kt dans le tenii)s qu'il ne pouvait plus courir, étant hors d'haleine, ledit dragon lui ayant crié : Arrète-toi, ou je le iire, im homme de la compagnie du S' \'ivent. (jui portait un fusil, se serait tourné vers le dragon et lui aurait répondu : Si tu tires, tu es mort ; ce qui obligea le dragon à rel)rousser chemin, et ledit Vivent se sauva par ce moyen-là.
Les détachements saisirent dans la paroisse de Mialet quatre hommes etune femme ^ Vivent revint encore vers Saint-Germain.
1. Date donnée par Gaultier (Hist. ApoL.U, loO). E. Benoît (Hist. de l'Edit de Nantes, V, 994) a cru que les instructions de La Trousse se rapportaient à la déclaration royale du mois de juillet suivant.