LA TORTURE
Les dossiers s'accumulaient. Le 7 mai, Bàville termina les enquêtes sur l'assemblée du Glauzelet par l'envoi aux galères de deux hommes et le bannissement de deux femmes'. Le 15, il acheva la procédure de l'assemblée d'Altefage en envoyant aux galères deux autres Cévenols '. Entre temps, le 9, pour en finir avec l'assemblée de Lézan, il avait fait torturer Marvéjols et le lecteur Maraval, qui avaient jusque-là nié y avoir pris part.
Les procès-verbaux d'interrogatoire à la question ne manquent pas aux Archives du Languedoc. La notation de ces ordres froidement donnés par un juge qui commande au bourreau d'attacher les bras du patient derrière le dos, de lui ficeler ensuite « les doigts des pieds *, qui gradue suivant une méthode éprouvée les (^ demi-tours » et les a tours » à lui infliger, la transcription des cris d'angoisse, des invocations et des réponses de celui qui est ce lié sur le banc », sont des documents qu'il faut avoir lus pour se représenter dans leur réalité repoussante les procédés de la justice d'alors. Marvéjols, à la question, avoua qu'il avait prêché. Quant à la présence à son culte, du S"" de Lézan, il déclara ne lavoir apprise que « par le bruit public )). Maraval, « présenté » seulement à la torture, aliirma nettement avoir vu son maître dans la foule. Bàville s'attendait sans doute à de plus sérieuses révélations, car l'enquête demeura encore en suspens.
Marvéjolsn'étaitqu'unprédicateur d'occasion, que la vigilance catholique avait arrêté aux débuts de ses fonctions. Noël Faucher le père, qui comparut à Nîmes le 20 mai, était peut-être dans le même cas. Appréhendé dans la nuit du 3 au 4 à Alais, pour avoir tenu pendant la journée une assemblée dans la teinturerie de Jallaguier, l'ancien régent de Sommières prétendit, devant ses juges, n'avoir point de nouvelles de son fils le prédicant, dont l'exemple sans doute l'avait poussé dans la voie où il s'engageait lui-même \
1. C. 103. Louis Rozier, Jacques Ratinesquc, Jaquette Rouveiran, veuve Rozier, de Mazelrozadc, et la femme Méjauelle de ïhonas.
i. Foule et Sais. A ce qu'il semble du moins : les conclusions du procureur sont du 13 mai (C. 164) : le juj^emenl manque, mais les noms figurent sur une liste de
galériens.
3. C. 106. Dossier IV'oél Faucher. Né aux Vans en 1036, Faucher avait été, comme chantre et régent, au service de l'Kglise de Sommières de 1001 à 1083. Lors de riuterdiclion de l'exercice, le Consistoire l'avait envoyé a Villcvieille, où le culte subsistait encore. C'est de là que la dragonuade l'avait l'ait fuir. 11 avait séjourné
Les informations recueillies par Rouvière, à Barre et au Pont de Montvert, donnaient à l'intendant la mesure de lopiniàtreté des Cévenols. Les gens armés paraissaient maintenant dans la plupart des assemblées pieuses. Pendant que La Trousse prenait rendez-vous dans les Hautes-Gévennes avec l'évêque de Mende et Rouvière, pour aviser aux mesures que commandait la situation, Bàville interrogeait un prisonnier, Desgroulx, saisi au château de Gabriac, et inculpé d'avoir prêché à Altefage le 2 mai. Il est certain que c'était Vivent qui avait présidé l'assemblée et celle aussi du Mouné, mais on peut se demander si Desgroulx n'avait pas pensé faire au Bougés, comme Marvéjols à Lézan, l'essai de ses premières forces.
Jusqu'ici nous n'avons rencontré que des prédicants sortis d'anciennes familles huguenotes, qui, presque tous, en qualité de chantres et de régents, ont appris, en les enseignant aux enfants, le catéchisme réformé et les mélodies des Psaumes. François Desgroulx, dit Garnv, né à Noyon en Picardie, vers 1650, était issu d'un milieu catholique. Une destinée curieuse l'avait conduit aux Gé venues. Sa vie, dont il retraça lui-même les principales péripéties, avait été mouvementée'.
Il étudie d'abord à Paris, au collège du Plessis. En 1674, par déplaisir de ce qu'un oncle qu'il a à Noyon ne lui laisse pas son bénéfice, il cliange de religion, ou plutôt, comme il l'explique, il se borne à quitter la France, et voyage en Angleterre, s'abstenant de toute pratique religieuse. De retour à Paris, il se présente à Gharenton devant le ministre Glaude, qui le reçoit dans l'Eglise réformée. Muni alors d'une lettre de recommandation pour le ministre Graverolles à Lyon, il entre, grâce à celui-ci, chez M"^^ de Frémond, femme d'un secrétaire du roi, et y demeure quatre ans et demi comme précepteur. De Lyon, il se rend à Nîmes et devient pour un an le maître des enfants de M. de Bornier, conseiller au présidial, chez qui le pasteur Paulhan l'a introduit. Le même ministre le recommande en-
trois semaines à Orange, puis était revenu dans le Bas-Languedoc. Son tils, Pierre, le prédicant, était le troisième de ses enfants. Le frère de Noël Faucher, Antoine, passementier à Alais, qui l'avait hébergé et encouragé à prêcher, avait été saisi également et fut interrogé avec lui.
1. Son premier interrogatoire, au Pont de Montvert, manque. Le second est du 16 mai. T^ne pièce du 15 mai le désigne sous le nom de «Carny Rovouls». Voir pour ce qui suit les interrogatoires de Desgroulx, C. 166, et le dossier de l'aflaire du baron de Saint-Victor, C. 166 (utilisée en partie seulement, et avec quelques erreurs par H. Wonin, Bull. XLV, 287). Sur le baron, voir encore Bail. LIV, 199.
DESGROULX DIT CARNY 139
suite au baron de Saint-Victor, de la famille de Montcalm, qui le prend chez lui en 1G81 pour instruire ses enfants et gérer ses affaires. Le baron, originaire du Rouergue, était par sa femme Judith de Valette \ seigneur, dans les Cévennes, de Gabriac, Saint-Martin de Gampcelade Je Folaquier. Saint-Julien d'Arpaon, Pierrefort, la Vigerie. Desgroulx se trouvait donc avoir à parcourir la montagne, de l'Aigoual jusqu'à la Lozère.
Desgroulx n'eut garde d'ajouter, devant son juge, qu'il avait été mêlé depuis, dans la famille du baron, à une afl'aire fort délicate.
Le fils aîné de M. de Saint- Victor, remis en 1685 aux jésuites de Grenoble, était presque immédiatement devenu catholique entre leurs mains. Le père, désespéré, pour ressaisir son enfant, envoya au jeune homme la so^ur de celui-ci et son ancien précepteur, Desgroulx. avec mission de l'arracher au Père Marie Joseph, capucin, son convertisseur et son surveillant, et de le conduire hors du royaume. Desgroulx, logé au bord de l'Isère, en face de la ville, se procura une barque (juillet IGSo), où M"^ de Saint- Victor pensait faire entrer son frère. Mais celui-ci, chambré et stylé par le capucin, n'était point du tout disposé à la fuite, pas plus d'ailleurs qu'à un retour au protestantisme. Le premier projet ayant échoué, Desgroulx recourut à la ruse. Il prétendit s'être engagé avec un Mylord anglais qu'il attendait à Grenoble, et avec lequel il partirait pour l'étranger. L'attrait d'un voyage n'eut pas plus de prise sur le néophyte. Desgroulx s'emporta, et jura au récalcitrant qu'il serait sûrement déshérité par son père et ses parents s'il ne revenait à la religion oîi il avait été élevé. L'argument ne toucha guère le jeune homme qui semblait avant tout pressé de jouir immédiatement des biens qu'il tenait de sa mère. Mais la phrase du précepteur fut rapporté au capucin. Celui-ci avertit iumiédiatement les autorités judiciaires. Un custode de la paroisse Sainte-Croix de Lyon vint à propos allirmer que « Carny » était huguenot, bien que dans la ville il prétendit qu'un bénéfice l'attendait à Noyon. Desgroulx fut décrété de prise de corps. M"^ de Saint- Victor, en lui procurant un cheval, lui permit d'échapper aux archers. Il pointa vers le Languedoc, oii il allait rendre compte à son maître de sa mésaventure.
1. Et non de Vallat {Bull. \L\, -287). Le baron possédait en ltJS3,daiis le diocèse de Mende, les terre et château de Sainl-Jnlien d'Arpaon, Gabriuc et le Folaquier (Saint-André de Valborirne), et le domaine de la Camp (?).
liO LES PRÉDICAXTS PROTESTANTS
Il arrive à Nîmes le 30 septembre, et envoie les nouvelles de la ville à Grenoble, signant sa lettre d'un nom supposé '.Le temple est clos depuis huit jours, la ville bouleversée. Impossible d'entrer dans Montpellier. Par Anduze il rejoint le baron dans sa terre de la Camp, en Gévennes. M. de Saint- Victor, endetté déjà, s'offre à prêter de l'argent aux communautés qui l'entourent, pour leur permettre de résister plus longtemps à la dragonnade. Desgroulx court de fei'me en ferme toucher des redevances. Il va jusqu'au Rouergue. Le 3 décembre, à Saint- Affrique, l'évêque de Yabre reçoit son abjuration. Quatre mois après, il est dans les Hautes-Gévennes, travaillant encore, dit-il, à lever des censives dues à son maître. Gomment, le 2 mai, Desgroulx se préparait à prêcher sur le Bougés, comment, ensuite, dans le château de Gabriac où il s'était réfugié, il fut arrêté par des soldats de Saint-Maurice de Yentalon qui le ramenèrent au Pont de Monvert, c'est ce que les interrogatoires n'expliquent pas.
Au Pont de Montvert, il protesta n'avoir pas fait le moindre acte de protestantisme depuis la Révocation, et se déclara sincèrement converti, occupé simplement dans les Gévennes aux affaii'es du baron. Ti*ansféré à Montpellier avec- un habitant de Grizac, Jacques Ghapelle, qui se trouvait être le seul témoin qu'il eût à redouter, il poussa l'habileté plus loin encore.
Les deux prisonniers sont écroués à la citadelle dans des chambres contiguës. Au milieu de la nuit, Desgi'oulx perce un trou dans la muraille et entreprend d'épouvanter son voisin. Il lui répète plusieurs fois qu'il sera le lendemain tiré à quatre chevaux. Quand il lui voit l'esprit frappé, il continue de le presser encore plus fort, et enfin, venant à son projet véritable, il lui passe un couteau qu'il a pu garder, et lui conseille de se tuer pour éviter le déshonneur du supplice. Les arguments ne lui manquent pas. Ghapelle mourra martyr, en sorte que Dieu aura pitié de lui et lui pardonnera son suicide. Il ne fei'a point honte à ses parents. L'histoire vient à son secours. Il cite l'exemple du ministre Méjanel (?) du temps des guerres de M. de Rohan, lequel s'est «brûlé lui-même ». Pendant que Ght.pelle se tuera, Desgroulx priera Dieu pour lui. Il peut se tenir pour assuré de son salut. Il ne sentira pas la mort : le ministre Homel ne l'a pas sentie quand il a été rompu vif à Tournon, il
1. La lettre, datée du «dimanche matin 30 septembre 1685» est signée Trenquier. Voir plus haut pp. 33, 35.
DESGROULX DIT CARXY 141
y a trois ans. Dieu veille sur ses fidèles serviteurs. La tète du vieux pasteur n'est-elle pas demeurée quinze jours sur l'échafaud sans changer de couleur, et les colombes ne sont-elles pas venues la garder* ? Le pauvre Chapelle, terrorisé et convaincu, prend le couteau de Desgroulx et tente de s'en donner quelques coups. La douleur lui rend son sang-froid. Il s'aperçoit «que ce n'est qu'un artifice de Desgroulx pour se défaire de lui», il le dit et Desgroulx finit par prier celui qu'il n'a pu endoctriner, « de ne pas le nommer dans l'explication qu'il fera de ses blessures, car ce lui serait préjudice ». Interrogé le 30mai, Desgroulx démentit tout le récit de Chapelle, raconta sa vie et nia encore avoir jamais prêché.
Une nouvelle série de jugements fut enfin rendue. En raison de l'assemblée de Lézan,Bàville,le 14 juin, condamna aux galères perpétuelles Marvéjols, Maraval, le S"^ de Pilloty et deux autres habitants du lieu, le consul Deleuze et Claude Gaussorgues. Le même jour, Noël Faucher et son frère Antoine furent condamnés à la même peine '. Le lo, furent également envoyés aux galères : pour l'assemblée du bois d'Aygalliers, le meunier Jacques Martin ; pour l'assemblée d'Altefage, Jacques Donzel ; pour celle du Mouné, Pierre Quet. Neuf prisonniers, accusés d'avoir pris part aux mouvements du Bouges, attendirent encore leur sentence. Nissolles, de Ganges, que les dragons du roi avaient saisi dans les Vallées vaudoises, partageait leur détention. Il sut qu'on avait donné la question à huit d'entre eux en deux jours. Desgroulx, amené de Montpellier, était du nombre. Il ne révélèrent d'ailleurs ni le nom de leurs complices ni celui des prédicateurs. Bàville avait trouvé plus fort que lui '\
Depuis cinq mois que les soldats poursuivaient les assemblées, l'intendant n'avait pu saisir, parmi les prédicants. que Bonfils, Marvéjols, Faucher le père et Desgroulx. Les plus hardis et les plus dangereux lui échappaient encore. Cependant les
1. La tète de Homel, tranchée sur le cadavre roué, avait été exposée à Clialeucoii, taudis que le corps Tétait à Beauchastel.
'i. C. 163. Faucher le fils dit que son père lut conduit aux galères attaché avec M. de Lézan. Celui-ci n'y resta pas lontrteiups. Noël Faucher y mourut six mois après son arrivée. Bull. XXX, 301.
3. Bull. X, 4ji. Desg:roulx fut torturé le 19 juin. Les dossiers des attaires du Bougés et du Mouné ont disparu en jrrande partie. In prisonnier du Hougés déclara savoir <[ue,dans le Gèvaudan.un certain Pélandre taisait le prédicant. l'n autre, de Grizac, nomma le ministre .Mangin comme étant passé depuis peu à IHerniet. Le lait est fort douteux. Jean Mangin, pasteur de Saint-Julien d".\rpan, avait eu son passepoi't le i novembre 10S5.
142 LES TRÈDICANTS PROTESTANTS
exécutions des Cérennes eurent pour résultat d'éliminer un bon nombre de ceux dont le cœur n'était pas assez fort pour affronter une mort presque certaine. Pierre Faïsses était de ceux-là. Il ne fut prêcheur que d'intention. Le massacre du Glauzelet, où ses amis du Pompidou crurent qu'il avait péri, le décida à quitter la France avant qu'il eût osé réaliser ses ambitions.
Voyant que les choses allaient toujours de mal en pis, dit-il, que je ne pouvais pas vaquer à mon salut dans ma patrie, que je ne pouvais y être à édification, que j'étais condamné à la mort et que je ne savais pas si Dieu me donnerait la force, en cas je serais m-is, de souffrir le martyre, je me résolus à quitter ma patrie et aller où la bonne Providence voudrait me conduire, puisque aussi bien mes parents et mes amis étaient dans des craintes et des appréhensions continuelles à ma considération. Dieu me disait comme aux autres : Sortez de Babilon. Je résolus donc d'obéir à la vocation céleste et de me couvrir de la foire du Puy pour y aller et de là passer outre à Lyon avec moins de danger. LUe devait se tenir le 20 mai.
Il descend donc des Hautes-Gévennes, et va dire adieu à sa mère au Collet (Col) de Yalescure, entre les deux cimes du Brion. 11 attend quelques jours son frère Laroche, qui « suit les assemblées en Languedoc », et qui vient enfin le joindre à Falguières, près de Saint-Jean, le 16 mai, en même temps que le prédicant Rocher, dont il a peut-être été l'avertisseur aux environs d'Anduze'. Laroche et Rocher consentent à quitter la France avec Faïsses. Tous trois se donnent rendez- vous aux bains de Bagnols, au nord du Mont-Lozère. Mais Rocher qui est remonté chez lui, au Mazeldan, pour voir une dernière fois les siens, se blesse à la jambe, renonce au départ, et reste à sa tâche de prédicateur. Des pluies torrentielles arrêtent Fa'ïsses et son frère. Il leur faut revenir à Falguières. Là ils apprennent, que sans la pluie, ils auraient risqué de tomber aux mains des soldats de Florac et du Pont de Montvert qui, à celte date, en effet, fouillaient les retraites de la Lozère et du Bougés. « Dieu conduisit heureusement cet événement, dit Fa'isses, parce que je n'étais ni digne ni capable de souffrir pour son nom. »
1. Faïsses écrit dans ses Mémoires : « avec Jean et Pierre Rocher, du Mazeldan ». Mais la phrase suivante porte seulement «le dit S" Rocher». Il faut donc lire sans doute Jean ou Pierre Rocher. Faïsses ne se rappelait plus le prénom exact. C'était d'ailleurs Antoine. Mais le prédicant s'appelait aussi Jean, et un fugitif du Mazeldan se nommait Pierre Rocher.
ROCHER A ANDUZE IW
Faïsses aurait désiré pourtant, avant de quitter ses Cévennes, prononcer au moins un sermon. Il médite, à Falguicres, daller dire adieu à ses chers amis du Pompidou, « entre autres, dit-il, par une assemblée que je prétendais convoquer, et leur parler sur le chapitre P"" d'Isaïe, v. 2 ». Mais il voit son attente inutile ; les soldats ne délogent pas du village. Son frère et lui se décident à partir par Anduze et Alais, Le 3 juin, au Mazel (Sainte-Croix deCaderles),dans la maison de leur mère où ils entrent pour la dernière fois, ils retrouvent Rocher, qui fuit Anduze où il vient d'être emprisonné. On l'y a pris pour le S'' de Sostelle, ancien ministre de Mialet, qui est à Lausanne '. Le Père Ribot, jésuite, a soutenu que le pasteur est dans la ville, qu'il l'a touché pendant la nuit, qu'il lui a arraché le rabat du cou. « Comme c'était une fausseté diabolique », Rocher a bénéficié de l'erreur. Il n'est point le pasteur, on ne s'est pas demandé s'il ne serait pas un prédicant, et il a été relâché. Rocher allait poursuivre son œuvre, tandis que les deux frères gagneraient la Suisse par le Haut- Vivarais et Lyon.
Faisses écrira, dans le pays de Yaud, oii il deviendra instituteur, les Méditations religieuses d'un réfugié ". Les compagnons qu'il laisse dans les Cévennes continueront, au péril de leur vie, à prêcher l'Evangile de la libre conscience.
1. Pierre Sostelle, qui a demandé un passeport le '2 iiov. 1085,