FULCRAX REY — LV. MASSACRE DE BARON
(Juin-Septembre 1686)
Nous avons laissé Fulcran Rey au moment où fuyant les dénonciations d'Audoyer il abandonnait les environs de Nimes pour retourner dans le Haut-Languedoc. Bàville le poursuivit à Castres. Lorsqu'il eut achevé, par un justement du o mars qui envoyait aux galères 1' <( invalide » Jean Tempié, les procédures relatives à l'assemblée de Yauvert. il lança (2 avril) dans le Haut-Languedoc un mandat d'arrestation contre Rey. proposant. Barbara, subdélégué de Castres, trompé par une similitude de nom (Rey en patois signifie roi) fit arrêter un Jean Le Roy. du masage de las Planquettes (Castelnau de Brassac) qui elTectivcment avait été proposant et s'en faisait gloire. Mais Le Roy avait abjuré depuis le 20 janvier et n'avaitpas quitté son hameau de tout le mois de décembre'.
Le décret de prise de corps lancé contre Rey eut pour résultat de le ramener à Nîmes. Il vint s'enfermer dans la maison de son père vers le milieu d'avril. Là il s'absorba dans une tâche qu'il s'était une fois imposée déjà, et à laquelle Brousson, à Lausanne, se donnait tout entier. Il écrivit des Lettres « qu'il datait de Genève, et d'autres pays étrangers » par lesquelles il exhortait les fidèles à prier Dieu. Il en fit copier de nombreux exemplaires par un ami (qui allait bientôt quitter la France) et les distribua dans la région d'où il venait, mais aussi, et surtout, dans les Cévennes.
Le mouvement religieux que suscitaient les prédicants dans la montagne était suivi en etlet avec curiosité par les protestants du pays bas. Faucher le fils qui était à Nîmes vers la même
1. C. 163. Le Roy tient à son titre de proposant, mais il redoute la persécution, et c'est en lettres grecques qu'il écrit l'abréviation ordinaire « pr » dont il l'ait suivre sa signature.