REY MONTE AUX CKVENNES
époque' ne manqua pas de demander à un homme du Yigan qu'il rencontra dans la ville, le nom des prédicateurs dont il avait entendu parler, et nota ceux de Vivent, de Serret (Serein), le réjçent d'école de Bouzène, et dun « La Jeunesse, natif du Dauphiné, âgé de dix-neuf ans » que nous ne savons identifier -. Les prédicants des Cévennes, de leur côté, quand ils apprirent 1 parles lettres circulaires de Rey et par ceux qui les répandaient, Ique le jeune homme était à Nîmes, l'engagèrent à venir se joindre à eux. Rey déjà décrété de prise de corps, savait à quoi .'exposait une activité publique. Il résolut néanmoins de partir, liais redoutant de compromettre son père en le laissant passer jiour son complice, ou mieux encore peut-être, comme dit une Relation, «craignant dètre arrêté dans sa carrière par les tendresses et les eftbrts de la nature», il ne voulut pas lui faire ses a(iieux de vive voix et lui écrivit la lettre suivante ■\
Mon très cher et honoré père, Ijorsque Abraham voulut monter sur la montagne de Marija pour aller offrir son lils Isaac en holocauste, suivant le commandement qu'il en avait reçu de Dieu, il ne consulta point avec la chair, mais il approcha de celte montagne, en s'écriant : 11 y sera pourvu à la montagne de l'Eternel. En effet, il y lut pourvu, puisque Dieu se contenta de son obéissance. L'Eternel ne m"a pas parlé à moi bouche à bouche, comme il ht à ce patriarche, mais ma conscience minspire pour m'aller sacrilier pour lïntérêt de Dieu et pour celui de son Eglise. Je ne sais pas si Dieu se contentera du désir que j'ai de faire sa volonté, sans m'exposer à la mort, mais quoi qu il en soit, sa volonté soit laite. Si je suis pris, ne murmurez point contre lui, souffrez patieanuent tout ce qu'il plaira à Dieu me donner, soyez assuré que je dois |me| sacrilier pour l'intérêt de Dieu et pour celui de soa Eglise. Oh ! quel bonheur me serait-il, si je pouvais être du nombre de ceux que le Seigneur a réservés pour annoncer ses louanges et mourir pour ses intérêts !
Rey quitta Nîmes à la fin de mai, conduit par un forgeron d'Anduze, que les prédicants lui avaient envoyé comme guide. En chemin, il célébra un culte vers la Baraque de Gajan, et vint rejoindre Vivent au-dessus d Anduze, dans les bois qui