Venant de Saint-Côme. Bull. XXX
-2. Bull. XXX, ,")01. On penserait à Charrière, de Lasalle, origiiKiirc du Comtat Venaissiu (voir plus loin), mais il était plus âgé.
3. Nous donnons ici le texte de la Relation (incomplète) conservée C. 16.', que l'autre Relation {Bull. X, 1:26) paraît avoir retouche.
140 LES TREDICANTS PROTESTANTS
séparent Mialet de Saint-Paul la Goste. Vivent était suivi, selon son habitude, de quelques compagnons. Deux d'entre eux prêchèrent, en même temps que Rey, dans la première assemblée que celui-ci ait tenue dans les Cévennes, un dimanche, vers Sauveplane (Saint-Martin de Boubaux)'.Nous conuaissonsl'un, Serein. L'autre se nommait Bonijoly, il se disait chantre également <r sans pourtant dire d'où, ni son pays». Rey le tenait pour Cévenol. Il avait 35 ans, une cicatrice marquait une de ses mains".
A Sauveplane, quelques assistants étaient venus en armes. Rey, pour qui cette coutume était nouvelle, ne l'appi'ouva point Vivent probablement, ou ses amis, lui en prouvèrent la nécessiti et sans doute aussi la légitimité, car il se ceignit à son tour d'une épée, et consentit à marcher escorté d'un homme armé qui fut d'abord Dombres, du Villaret, que Vivent lui donna. Un jour même «. il prit un fusil au col », ce qui lui valut ce comiliment : «. Vous seriez aussi bon homme de guerre que prédicateur ! ».
L'arrivée de Rey provoqua une effervescence nouvelle dans le quartier. Une maison isolée, entourée de bois, « dan? un désert », le mas de la Grevou('?) (Cendras), était déjà connue pour offrir un asile aux fugitifs et aux prédicants. Les soldats de Saint-Sébastien avaient charge de la surveiller. Ils dissipèrent une assemblée qui s'y était réunie le samedi 1" juin (veille de la Pentecôte). Une seconde devait s'y tenir le 6, mais ce jour-là le mas fut fouillé, et le maître, Piei're Cabanis (44 ans), arrêté. Les soldats avaient trouvé chez lui une robe de pasteur, et des sermons manuscrits, qu'il disait y avoir été laissés par le ministre Raymond Bastide ^
La surveillance était devenue plus sévère, la colère des Cévennes s'accrut d'autant, et Rey, qui aurait voulu être pacifique, se trouva pris dix jours plus tard dans une échauffourée où le sang coula.