‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700Chapitre 91 sur 284 · PROCÈS AUX CADAVRES · texte numérisé non relu

PROCÈS AUX CADAVRES

fût proposant, et ajoute qu'il se sauva. Mais Gaubert, qui écrivait en 172i7, déclare ignorer d'où était Rocher'. Brousson ' dit qu'il fut mené dans la Tour de Constance où il mourut fidèle martyr. Rocher mourut en effet dans les prisons d'Aigues- Mortes, et de maladie. Il est très probablement le « chantre » des Cévennes qui dans la Tour de la Reine fut assisté jusqu'à son dernier soupir parNissoUes et ses compagnons de captivité, « sans qu'ils lui aient laissé manquer de rien », et qui n'ayant jamais fait abjuration, put être néanmoins décemment enseveli par eux '\

Bàville trouva vite l'occasion d'allirmer aux protestants <lu Yigan la ténacité avec laquelle continuerait d'être poursuivie leur catholicisation définitive. Le 20 août, un menuisier nouveau converti de la ville étant mort sans avoir voulu recevoir les sacrements, le vicaire refusa de l'enterrer, et l'intendant, averti, ordonna l'exécution d'une ordonnance du 29 avril. Le procès fut fait « au cadavre », et le corps traîne sur la claie la face contre terre, avant d'être jeté à la voirie *. D'autres procès pareils, déjà, avaient été dirigés dans les Cévennes contre la mémoire de quelques relaps. Nous ne savons si l'odieux spectacle de la claie les avait suivis, mais ils s'étaient certainement conclus par la confiscation des biens des défunts. Le subdélégué Rouvière avait déjà dressé quatre procédures de ce genre à Saint-Romans de Tousques, Saint-Etienne Yalfrancesque. Florac et Fraissinet de Lozère \ Il quitta encore Marvéjols le 17 septembre pour venir exécuter dans la partie des Cévennes qui dépendait du diocèse de Mende, les ordres de l'intendant du Languedoc. Un procès nouveau à faire à la mémoire d'une femme de Saint-Frézal, morte relapse, la mise en régie des biens des fugitifs et des anciens Consistoires, la vente des fruits des biens déjà saisis constituaient une partie de sa tâche. Il eut aussi à se préoccuper des cultes secrets, qui se poursuivaient sans relâche, et contre lesquels Bàville et La Trousse allaient essayer encore de sévir avec une plus implacable dureté.

Page 1