‹ Les prejugés ennemis de l'histoire de FranceChapitre 105 sur 162 · II. LES PROTESTANTS · texte numérisé non relu

II. LES PROTESTANTS

dans Bossuet. Je ne Tanaljserai point ici, mais j'en redirai quelques caractères extérieurs. L^'ignorance courante touchant ces matières fait qu'on ne soupçonne pas seulement le ton amer des controverses qui mirent la Réforme dans le monde. Le vrai personnage de Luther n'est pas connu de ses sectateurs.

Il faut voir Timpudence inouïe avec laquelle discourait ce docteur, et quel air de révolution était porté par lui jusque dans ces exercices ' ;

Un âne sait qu'il est âne, une pierre sait qu'elle est pierre, et ces ânes de papelins ne savent pas qu'ils sont des ânes. .

Le pape ne peut pas me tenir pour un âne, il sait bien que par la bonté de Dieu et par sa grâce particulière je suis plus savant dans les Ecritures que lui et tous ses ânes...

Si j'étais le maître de lEmpire, je ferais un paquet du pape et des cardinaux pour les jeter ensemble dans ce petit fossé de la mer de Toscane. Ce bain les guérirait, j'y engage ma parole et j'en donne Jésus-Christ pour caution...

Le pape est si plein de diables, qu'il en crache, qu'il en mouche, qu'il en...

La suite des derniers mots ne se laisse pas transcrire. C'est ainsi que Luther parlait du pape et de TEglise.

On n'évite pas, en lisant cela, d'admirer la profondeur d'erreur de nos conservateurs français, dédaignant (comme ils disent) l'insulte de l'adversaire et croyant de bonne foi que la grossièreté des termes fait tort à celui qui l'emploie, condamne du moins les révolutionnaires à la réprobation publique. A des hommes qui se croient si sages, il ne faut que représenter ces faits : un tiers de l'Europe devenu protestant ; la religion nouvelle par-

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