‹ Les prejugés ennemis de l'histoire de FranceChapitre 106 sur 162 · Chez Bossuet, Histoire des Variations, liv. I", chap · texte numérisé non relu

Chez Bossuet, Histoire des Variations, liv. I", chap

venant à se donner un air respectable ; ses ministres, ses rites, ses consistoires, ses missions, lui composant une figure dans le monde ; le nom de ses fondateurs élevé en un degré de vénération extrême, les bulles de Luther gravées en bronze sur les portes de Wittenberg, sa statue dressée sur une place de Dresde, en face de l'église catholique de la Cour : tant et de si grands effets, auxquels ne manque pas même le pieux respect des foules unies dans la prière ; et à la base de tout cela, les sales, les dégoûtantes injures qu'on vient de lire. N'est-ce pas de quoi entretenir nos dédains, et nous assurer de la supériorité que donne en politique le ton d'homme bien élevé ?

Le pape, dit encore Luther, est un loup possédé du malin ■«sprit. 11 faut s'assembler de tous les villages et de tous les bourgs contre lui. 11 ne faut attendre ni la sentence du juge, ni rautorité du Concile ; n'importe que les rois et les Césars fassent la guerre pour lui, celui qui fait la guerre sous un voleur la fait à son dam K

Pour achever l'odieux du personnage, il faudrait joindre tous les passages où le plus plat et le plus grossier orgueil de sa personne et de ses talents déborde ; montrer les traits de cette arrogance qui le faisait se donner pour titre à lui-même et de sa propre investiture, celui d'Ecclésiaste de Wittenberg, assurant que « très certainement Jésus-Christ le nommait ainsi et le tenait pour Ecclésiaste » *.

Tous les docteurs de la Réforme ont jeté quelques éclats de cette vanité bouffonne ; Calvin, second en importance, égale Luther à cet égard.

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