II. LES PROTEST A^'TS
Toute la France, écrit ce réformateur, connaît ma foi irréprochable, mon intégrité, ma patience, ma vigilance, ma modération et mes travaux assidus pour le service de l'Église '.
Ailleurs il vante « sa frugalité, ses continuels travaux, sa confiance dans les périls, sa vigilance à faire sa charge, son application infinie à étendre le règne de Jésus- Christ, son intégrité à défendre la doctrine de piété, et la sérieuse occupation de toute sa vie dans la méditation des choses célestes » \
Et là-dessus, l'ouvrage étant de polémique :
M'entends-tu, chien ? m'entends-tu bien, frénétique ? m'entends-tu bien, grosse bête ^ ?
Enfin il ajoute qu'il est bien aise ^ que les injures dont on l'accable demeurent sans réponse ».
Au surplus je concède que ce ton d'injure ne tient pas uniquement aux passions de ces docteurs. Il était dans les mœurs du temps ; les théologiens se le permettaient. Mais enfin le commun de ceux-ci ne se donnait pas mission de réformer TEglise, et le moins qu^on pût attendre d'hommes qui représentaient le succès de leur parole comme un miracle de Dieu aurait été qu'ils la respectassent.
Par le ton des prêcheurs, qu'on juge celui des fidèles. « Je les voyais sortir, dit Erasme, de leur prêche avec un air farouche et des regards menaçants, comme gens qui venaient d'ouïr des invectives sanglantes et des dis-