‹ Les prejugés ennemis de l'histoire de FranceChapitre 109 sur 162 · II. LES PROTESTANTS · texte numérisé non relu

II. LES PROTESTANTS

Je recommande la dernière réflexion, et cet effet imprévu de la lecture de l'Ancien Testament, recommandée par Luther, sur la réforme des mœurs.

C'est pourquoi, continue ce protestant fidèle, je demande à Luther, à Mélanchthon et à Bucer même, qu'ils me donnent témoignag-e que je la puis embrasser.

A l'autorité des Saints Livres, jugeant que d'autres moyens de persuasion ne seraient pas joints sans avantage, il ajoute :

Qu'ils m'accordent donc au nom de Dieu ce que je leur demande, afin que je puisse plus gaiement vivre et mourir pour la cause de l'Évangile et en entreprendre plus volontiers la défense, et je ferai de mon côté tout ce qu'ils m'ordonneront selon la raison, soit qu'ils me demandent le bien des monastères ou d'autres choses semblables ^

L'honnêteté de tout cela n'est-elle pas admirable 1 Notez que cela se passe au nom de TÉvangile, de réformateurs à réformés, et dans les rangs les plus illustres d'une secte qui brisait avec Rome dans le pur intérêt de la doctrine et des mœurs.

Luther consentit. Il accorda le papier, dont la forme n'est pas moins remarquable que le fond :

Nous avons appris de Bucer et lu dans l'Instruction que Votre Altesse lui a donnée les peines d'esprit et les inquiétudes de conscience où Elle est présentement; et quoiqu'il nous ait paru très difficile de répondre sitôt aux doutes qu'EUe propose, nous n'avons pas voulu laisser partir sans réponse le même Bucer, qui était pressé de retourner vers Votre Altesse.

Page 1