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gnols, Bretons, Sarmates, dit Voltaire, nous ne savons rien de nous (de ceux, du moins, qu'une doctrine imparfaite représente comme nos seuls ancêtres) avant dixhuit siècles, que ce que nos vainqueurs (qui sont bien plus nous-mêmes) ont pu nous en apprendre. »
Que l'esprit d'anarchie soit au fond du préjugé que je combats, le lecteur n'en verra pas sans intérêt la preuve dans quelques citations.
Il faut lire le livre de Jean Reynaud, Terre et Ciel, paru en 1854, pour connaître l'alliance que le préjugé celtique contracte avec la Révolution. Elle est regardée dans ce livre comme Teffet du réveil de Fesprit celte. Gela ne serait rien ; le commentaire est tout :
Le rayonnement de son génie (celui de la Gaule) plus libre et plus ouvert remplace dès à présent, devant Télite des esprits, ce vieux génie romain, dont la tyrannie ou le terre à terre ont fini par fatiguer les nations... Sa philosophie a réveillé au xvni® siècle le principe sacré de V individualisme et de la raison ^
On voit de quelle manière, à quel titre, l'autorité de Rome est reniée : comme terre à terre, et c'est la querelle inepte du romantisme ; comme tyrannique, et c'est la menace abominable de la Révolution.
Pictet, qui publia vers le même temps, en 1856, le fameux Mystère des Bardes, appelle dans sa préface ce langage de Reynaud une revendication « des droits de notre vieux génie gaulois ». Le Mystère des Bardes parut à Genève : autre signe d'origine, qu'il ne faut pas négliger. Cette publication jeta Henri Martin dans un enthousiasme qui fait rire, maintenant que l'origine récente de ce « mystère » ne fait plus de doute pour personne.
« Le livre, écrit ce ridicule auteur au chapitre m de