P. XI de Touv. cit
DiMiER. Préjugés 4
son Histoire, le livre des arcanes vient d'être révélé au monde savant... » Ce moîide savant rend ici le même son que le mot science sur les lèvres d'un ministre de la République. Maçonnerie, huguenoterie, ne manquent pas d'appeler science tout ce qui peut servir de prétexte à rejeter une opinion admise par les siècles, à détruire une gloire établie, à souiller quelque chose de grand. Rome est ici ce qu'elles attaquent. Les Mystères des Bardes servirent un temps à cela ; ils sont maintenant hors de service. Les bons Français se garderont de les aller rechercher.
Les bons Français tiendront à faire cadrer l'amour de leur pays avec les réalités de ce pays. Entre les divers peuples que le hasard des faits fît se rencontrer au berceau de leur histoire, ils éviteront de faire un choix que l'événement n'ait pas ratifié. Témoins vivants de l'excellence des effets, orgueilleux de la patrie que leur a faite l'histoire, ils n'auront garde d'en reviser le procès par l'analyse tendancieuse des causes. La loi d'un si heureux, d'un si noble succès réglera leur jugement là-dessus, ordonnera leur philosophie.
Ils ne rejetteront rien de ce qui fît la France ; ils accueilleront chaque chose, mais à son rang. Un fait comme la conquête romaine en tient un de première importance. Ce qu'ils rendront de culte au sang gaulois qui a servi à les former, n'ôtera rien du respect et de l'amour qu ils doivent à la domination latine, mère des sociétés modernes. Ils se garderont de s'en dire les victimes, quand ils en sont les fils privilégiés.
L'histoire de Vercingétorix ne leur sera jamais une matière à reproches. Que sa résistance leur soit une raison de louer les vertus de la race, rien de plus juste ; mais cela même fera chérir plus encore la discipline qui devait employer ces vertus à l'édifice de la patrie.