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III. LES JANSÉNISTES

cette sorte de gens contre Tobjet authentique et reconnu de la dévotion des fidèles. Ce que voici ne paraîtra pas d^une application moins générale ; il est encore plus important :

... Et comme je lui eus dit, continue le saint, que c'était pour l'ordinaire les raisons que prenaient les hérésiarques comme Calvin, il me repartit que Calvin n'avait pas mal fait en tout ce qu'il avait entrepris, mais qu'il s'était mal défendu : Bene sensii., maie loculus est.

En somme, et tous adoucissements ôtés, le plan n'était pas autre chose que de recommencer la Réforme, et de ne pas la manquer cette fois.

Les catholiques répondaient à cela qu'il y avait deux manières d'entendre la réforme : celle de Luther et de Calvin, que FEglise ne donne pas licence de regretter ; celle qu'elle approuve et encourage, et que le concile de Trente avait faite. Mais Toeuvre du concile de Trente déplaisait à Saint-Cjran ; il refusait d'y voir le vrai esprit de salut. Trois siècles avant ceux qui de nos jours dénoncent une tactique des anciens partis dans la défense des intérêts de l'Eglise, il taxait de mélange adultère les revendications essentielles de celle-ci et ce qu'il y eut jamais de plus coafornie à sa discipline traditionnelle. Au P. Gibieuf et à Tabbé de Prières, il répondait que le concile de Trente fut « une assemblée politique ».

Quant aux moyens d'assurer le complot, assez de passages de la correspondance susdite nous font voir où on les cherchait.

Le couvent de..., dit cette correspondance, est autant passionné pour les menées de Sulpice (Jansénius) que les Carmes pour les religieuses. C'est ce qui me fait voir que telles gens sont étranges quand ils épousent quelque alTaire : et je juge

par là que ce ne serait pas peu de chose si Fi\moi{VAugustinus) fût secondé par quelque compagnie semblable, car étant embarqués ils passent toutes les bornes pro et contra.

On cherchait un ordre religieux qui se chargeât d'épouser la cause et qui la poussât dans le monde. A ces manœuvres il ne faut pas omettre de joindre Tintrépidité ordinaire chez tous les sectaires à pratiquer le mensonge ésotérique.

J'ai ouï dire à M. de Saint-Cyran, disait encore saint Vincent de Paul, que s'il avait dit dans une chambre des vérités à des personnes qui en seraient capables * et qu'il passât dans une autre où il s'en trouverait d'autres qui ne le seraient pas, il leur dirait tout le contraire.

Il s^adressa premièrement au cardinal de BéruUe, qui venait d'introduire l'Oratoire en France ; puis à saint Vincent de Paul, cherchant dans la congrégation de Saint-Lazare l'aide que l'Oratoire lui refusait. Dans les deux cas il fut rebuté. L'embarras où ces refus le mirent le fit se rabattre sur les Arnauld et sur la communauté de femmes dont leur influence disposait. Ce n*est pas qu'il dissimulât qu'un couvent de femmes le servirait bien moins ; mais il fallut s'en contenter.

Les relations de Saint-Cvran et de la mère Angélique datent de 1620, temps où Port-Royal, dont elle était abbesse, s'étant transporté à Paris, les solitaires commencèrent à occuper la maison des champs.

C'est dans ce même temps qu'une autre fille de la famille Arnauld, la mère Agnès, attirait Tatlention publicjue par l'incident devenu fameux de l'institut du Saint-Sacrement. C'était une société de dévotion, que la fameuse duchesse de Longueville, fatiguée des intrigues

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