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III. LES JANSÉNISTES

et de la galanterie, avait imaginé de former. Cette origine inspirait peu de respect ; la dévotion cependant y faisait étalage et les complicités de parti devaient y attirer les Arnauld. A Tusage de la société nouvelle, la mère Agnès composa un chapelet ^ qu'on se passa parmi les dames. Les prières en étaient conçues en termes indiscrets et dangereux ; les Jésuites l'attaquèrent, et Rome le supprima.

Le parti, battu de ce côté, chercha d'un autre côté sa revanche. Les Jésuites soutenaient alors une querelle en Angleterre contre les prétentions de l'ordinaire dans ce pays ; Smith, le vicaire apostolique, leur j contestait plusieurs droits. Saint-Cyran prit cette occasion de publier le livre du Petrus Aurelius (1631), dans lequel il affectait de défendre la hiérarchie. Sainte-Beuve, malgré sa complaisance, relève discrètement ce qu'avait de ridicule une intervention de ce genre de la part d'un adversaire des ingérences romaines ; il voudrait voir, dit-il, en Angleterre un Saint-Gyran « plus gallican »\

Tels furent les premiers engagements qui mirent aux prises la secte et les jésuites. Ils provoquaient de nombreux commentaires ; aucun livre n'avait encore paru où le parti découvrît sa doctrine ; on ne pouvait le saisir nulle part ; la condamnation d'une prière ne pouvait abattre ses partisans : rien n'empêchait ses directions de courir dans la société avec le masque de la vraie piété. Aux yeux de la foule frivole, l'ostentation en ce genre le soutenait. Mais le pouvoir politique veillait ; aucune proposition formelle n'était requise pour attirer l'attention du roi : il suffisait de raaritation de fait.

Cette agitation vint à son comble depuis que Saint- Gyran eut été choisi comme directeur spirituel de Port-

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