Histoire de Port-Royal, t. 1«% p
Royal, en 1635 : alors son action sur les consciences commença de fomenter une façon de guerre civile. Les nouveautés que le renom de piété des religieuses contribuait à répandre portaient partout cet air d'ascendant hautain et ce ferment de discorde habituels au prosélytisme sectaire.
Ce directeur avait imaginé de signaler sa grande rigueur en ne donnant l'absolution qu'après la pénitence sacramentelle accomplie. Gela fît merveille aux yeux de religieuses dont ce fait manifestait Texceptionnelle vertu; des gens qui ne rêvaient que Thonneur d'être saints afTectèrent aussi de louer cela. Cependant cette fantaisie blessait les usages reçus dans l'Eglise; elle attestait chez Saint-Cyran des trésors d'arbitraire despotique et d'impertinence. Richelieu, ministre alors, mit un terme à ces fameuses pratiques : Saint-Cyran fut arrêté et conduit au bois de Viiicennes, en 1038. Les paroles prononcées à cette occasion par le ministre méritent d'être rapportées :
« Si l'on avait, dit-il, enfermé Luther et Calvin quand ils commencèrent à dogmatiser, on aurait épargné aux États bien des troubles. »
Saint-Cyran sortit de prison en 16i3. Pendant qu*il y était, parut VAugustinus^ l'année 1641 ; c'était le grand ouvrage annoncé, le livre qui, contenant l'essence de la doctrine, était depuis longtemps promis comme une merveille. Jansénius en était l'auteur; il en attendait de grands effets ; mais, par une décision dont on ne saurait trop admirer la prudence, il avait résolu que ce livre ne paraîtrait qu'après sa mort. Celle-ci, survenue en 1640, détermina cet événement. Le résultat ne se fit point attendre; YAugustinus, déféré à Rome, fut condamné en 164^.
Qui voudra voir un comble d'outrecuidance risible chez les gens que choquait cette condamnation devra lire,