‹ Les prejugés ennemis de l'histoire de FranceChapitre 122 sur 162 · III. LES JANSÉNISTES · texte numérisé non relu

III. LES JANSÉNISTES

ainsi que la mère Angélique, dissimulant mal son aigreur, écrivait :

M. Vincent décrie Port-Royal plus doucement à la vérité que les Jésuites, mais par un zèle sans science il désire autant sa ruine que les autres par une malice toute franche *.

Getce expression de zèle sans science ne fait-elle pitié ici?

Le caractère du docteur ne se déclare pas moins dans la manière dont il lisait TEcriture. Il est visible qu'il n'y cherchait que des textes capables de contredire au sens traditionnel et d'en imposer aux simples sous couleur d'un retour prétendu à la doctrine originale. « J'ai trouvé aujourd'hui un passage, dit-il, que je ne donnerais pas pour dix mille écus. » On n'imaginerait pas Bossuet, saint Augustin ou saint Bernard parlant ainsi. Du reste, il prétendait si fort être inspiré, qu'il osait réprouver tout haut ceux qui parlent sans inspiration :

Il n'y a rien de plus dangereux, dit-il, que de parler de Dieu par mémoire plutôt que par mouvement (inspiration) du cœur.

Le grand bon sens de Sainte-Beuve ne se tient pas de répondre : « Saint-Gyran ne pensait en disant cela qu'à une espèce de danger, et oubliait cet autre écueil non moindre, d'une inspiration trop aisément présumée '. » L'auteur de Port-Royal parle avec ménagement. Rien ne doit nous empêcher de dire que cette prétention d'être inspiré dégénérait en comédie. En même temps que la plus ridicule, cette sorte d'ostentation est la plus odieuse.

« Je regarde Dieu, osait dire ce prophète dans des espèces de classes qu'il faisait, pour savoir ce qu'il est

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