‹ Les prejugés ennemis de l'histoire de FranceChapitre 123 sur 162 · Ouv. cit., liv. II, chap · texte numérisé non relu

Ouv. cit., liv. II, chap

plus à propos que je vous dise. » Le P. Rapin caractérise rimpertinente folie de cette affectation quand il écrit : « N'est-ce pas le moyen de suivre son pur caprice ? »

Le même degré d'orgueil se trouve chez les disciples, exprimé sous des formes plus ingénues encore. Cette ingénuité n'empêche pas un fonds d'hypocrisie de percer. Je ne pense pas qu'en ce genre il y ait beaucoup de morceaux qui l'emportent sur celui-ci ; il est de Lemaître à Singlin, tous deux notables jansénistes :

On n'a point ouï dire, peut-être depuis un siècle, qu'un homme, au lieu et en Tétat où j'étais, dans la corruption du Palais, dans la fleur de mon âge, dans les avantages de la naissance et dans la vanité de l'éloquence, lorsque sa réputation était la plus établie, ses biens les plus grands, sa profession plus honorable, sa fortune plus avancée et ses espérances plus légitimes, ait laissé tout d'un coup tous ces biens, ait brisé toutes ces chaînes, se soit rendu pauvre, au lieu qu'il travaillait à acquérir des richesses ; qu'il soit entré dans les austérités, au lieu qu'il était dans les délices ; qu'il ait embrassé la solitude, au lieu qu'il était assiégé de personnes et d'affaires ; qu'il se soit condamné à un labeur éternel, au lieu qu il parlait avec assez (V applaudissement. Cependant, quoique ce miracle soit plus grand et plus rare que celui de rendre la vue aux aveugles et la parole aux muets, notre siècle est si peu spirituel que l'on a seulement considéré comme une chose extraordinaire ce qu'oa devait révérer comme une chose sainte.

Telle est l'opinion modeste que ces gens avaient d'euxmêmes et des spectacles qu'ils offraient au monde. N'allez pas cependant les condamner, car ils en rapportent tout à Dieu. Dieu et leurs prétentions sont si bien joints là dedans, qu'on ne saurait toucher à l'un sans toucher à l'autre ; et il n'y a pas un seul coup adressé à M. Lemaître qui ne passât pour sacrilège.

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