‹ Les prejugés ennemis de l'histoire de FranceChapitre 126 sur 162 · III. LES JANSÉNISTES · texte numérisé non relu

III. LES JANSÉNISTES

l'abbé d'Orgnes et cité par Collet son biographe \ Saint- Gyran avait avoué à M. de Pravigny, secrétaire d'Etat, que les jansénistes « ne s'étaient proposé que de décréditer les jésuites sur le dogme et sur Tadministration des sacrements, et que dans Taffaire présente il ne s'agit ni de Molina ni de la science moyenne ». C'est ici que la part des Arnauld dans cette histoire se fait sentir.

Ils étaient fils du vieil Arnauld, autrefois signalé par son Plaidoyer pour l'Université contre les Jésuites. Ce plaidoyer remontait aux anciennes querelles qui agitèrent le règne de Henri IV et qui finirent par le bannissement de la Compagnie, après le régicide de Jean Ghâtel. On avait accusé les jésuites de ce crime, à cause d'une justification théologique du tyrannicide que leur P. Mariana avait écrite. Cette absurdité était allée si loin, les ennemis des jésuites avaient été si puissants, qu'un monument de pierre où le fait se trouvait inscrit avait été érigé dans la cour du Palais. Ce monument fut ôté bientôt, et les jésuites rappelés par le roi. Les auteurs du méfait avaient poussé de grands cris, entre lesquels prit place un autre écrit du vieil Arnauld, un mémoire présenté au roi en 1602 pour empêcher le retour de ces pères.

Tels étaient l'origine des Arnauld et les exemples qu'ils tenaient de famille. Les attaques contre la Compagnie de Jésus devaient nécessairement concentrer à la fin tout l'effort des jansénistes. Le pouvoir politique fortement constitué, l'Eglise bientôt mise en défense, décourageaient leurs espérances ; ni l'offensive sur le dogme, ni les pratiques des guerres civiles ne pouvaient les retenir longtemps. Les haines héritées de la Réforme et des tiers partis qu'elle inspira, les intérêts de l'hérésie nouvelle, que les jésuites eurent l'honneur de dénoncer les

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