‹ Les prejugés ennemis de l'histoire de FranceChapitre 135 sur 162 · Voyages en France, trad. Lesage, t. I", p · texte numérisé non relu

Voyages en France, trad. Lesage, t. I", p

DiMiER. Préjugés 23

35 i LE MENSONGE DE LA MISÈRE PUBLIQUE

daient la chose extrêmement choquante. Il y revient en un autre endroit \ De même les Anglais ont toujours regardé comme un comble de misère les sabots du paysan de France. Ils les mettaient avec le papisme, dont ils priaient Dieu de les délivrer : from popery and wooden shoefi.

Young témoigne d'autres impatiences, qui à nos yeux ne sont pas mieux fondées. Un passant l'importune de sots propos: aussitôt le voyageur de prendre feu contre les fâcheux de France. Celui-ci s'étonne qu'Young soit Ans^lais et qu'il vienne d'Angleterre. Quelle ignorance l dit Young. Quelqu'un lui demande s'il y a des rivières dans son pays :

Cette ignorance incroyable, écrit à ce propos le voyageur, quand on la compare aux lumières si universellement répandues en Angleterre, doit être attribuée comme tout le reste au gouvernement '.

Cette réflexion et d'autres du même genre donnent une faible idée du jugement et même des talents d'observation de l'auteur. On ne le trouve pas moins entiché dans ce qu'il ajoute partout de la saleté de la France. « Les écuries de France, espèce de tas de fumier couverts » ; d'autres endroits encore, qui seraient, dit-il, if le purgatoire d'un porc anglais », sont chez lui l'expression de la vanité nationale au moins autant que des choses elles-mêmes.

Sur le boire et le manger, mêmes comparaisons, qui dérobent en partie la réalité :

Le peuple d'ici (de Bordeaux), comme le Français en général, mange peu de viande. A Leyrac on ne tue que cinq

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