Ouv. cit., t. !•', p
Les magnifiques ponts et les chaussées ne prouvent que Toppression du gouvernement i.
Enfin comptons les préjugés qui tiennent aux lectures préparatoires, saisissables ou avouées en plusieurs endroits.
La lecture de Voltaire se sent dans tout le livre. Arrive-t-il à Versailles, on voit reparaître chez Young les propres critiques de cet auteur concernant le château en un endroit de ses œuvres particulièrement intéressant pour un Anglais, celui du Traité sicr le Poème épique, où il juge le Paradis de Milton. On ne peut avoir lu le Siècle de Louis XIV sans être légèrement assommé du nom de plusieurs manufacturiers, entre autres de Van Robais, drapier, établi à Abbeville ; à peine Young a-t-il mis le pied dans cette ville, qu'il nous entretient de Van Robais. Ainsi du reste.
Tous les livres français lus de son temps ont fait impression sur lui. Il appelle Turgot 1' « ami de l'humanité » ; la connaissance qu'il a des mérites de ce ministre vient de la biographie de Condorcet. Rousseau, dont on connaît l'influence sur son imagination, l'occupe surtout de ses souvenirs : il s'attendrit sur les Charmettes.
Tous ces traits, par où s'atteste Tempreinte des écrivains ennemis de l'ancien régime, imbus eux-mêmes des préjugés que Tinfluence ennemie de l'Angleterre développait depuis cinquante ans chez nous, doivent achever de nous mettre en garde. Unis au reste, ils servent à faire entendre de quelle manière la France put être jugée par Young et les corrections que comporte son témoignage.
La confiance que plusieurs auteurs y ont mise ne saurait se justifier après toutes ces remarques. Elle ne le saurait, si Ton considère de quelle façon inexacte d'au-