‹ Les prejugés ennemis de l'histoire de FranceChapitre 139 sur 162 · Ouv. cit., t. I", p · texte numérisé non relu

Ouv. cit., t. I", p

de France surpassent les nôtres, qui ne sont bons que dans les premiers hôtels. » Notez aussi la comparaison suivante, qu'on doit croire arrachée à l'orgueil national par un contentement des plus vifs ;

Nous avons été mieux traités pour la nourriture et la boisson que nous ne l'eussions été en allant de Londres aux Highlands d'Ecosse, pour le double du prix \

Tout cela peut servir de réponse à bien des reproches ignorants et aveugles auxquels les Français se montrent enclins envers eux-mêmes. Il faudrait j joindre les extraits du voyage d'un autre Anglais, qu'on n'a guère cité, parce qu'il n'a paru imprimé que récemment et qu'il n'a reçu de traduction que depuis peu. Ce sont les Lettres de France de Rigby, publiées par lady Eastlake en 1880. Ces lettres sont un tissu de louanges à l'adresse de notre pays. Venant à la veille de la Révolution, elles composent la plus fameuse défense qu'on puisse voir de l'état de la France rurale à cette époque. J'en donnerai cet échantillon :

Nous avons vu les scènes les plus agréables au passag-e, le soir d'avant notre arrivée à Lille. De petites compagnies assises devant les portes, parmi les hommes les uns fumant, les autres jouant aux cartes en plein air, les autres filant le colon. Tout ce que nous voyons porte les marques de l'industrie, et tous ces gens semblent heureux. Il est vrai que nous voyons peu de signes de l'opulence particulière, nous ne voyons pas autant de résidences de nobles qu'en Angleterre ; mais aussi nous avons vu peu de gens en haillons livrés à l'oisiveté et à la misère. Quels étranges préjugés nous sommes sujets à prendre en ce qui concerne les étrangers ! J'avoue que je croyais que les Français étaient une nation frivole et insignifiante, qu'ils étaient d'apparence chélive,

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