L'Invasion riermanique, p
quelques épigTammes ne démontrent rien. Il serait aussi contraire à la bonne méthode historique de juger cette époque sur deux ou trois fantaisies littéraires que de juger la société athénienne d'après les comédies d'Aristophane, ou notre siècle d'après nos romans. Le vice est de toutes les sociétés. Celles qui savent le signaler et le poursuivre par leur littérature n'en sont pas plus infectées que celles qui manquent d'écrivains pour le peindre. Il est vrai que TEmpire romain, grâce à une longue paix et à un grand travail, était riche. Mais les nations paisibles et prospères ne sont pas nécessairemement des nations dépravées. Richesse n'est pas vice, et pauvreté n'est pas toujours vertu. »
Dirons-nous que cette prospérité atteste les bonnes mœurs des citoyens de TEmpire ? Positivement nous ne le saurions, « On ne saurait, ajoute le même auteur \ exiger de l'histoire un jugement formel sur la valeur morale des différents peuples. Au moins y a-t-il grande apparence qu'à cette époque la société de l'Empire romain, si imparfaite qu'elle fût, était encore ce qu'il y avait de plus régulier, de plus intelligent, de plus noble dans le genre humain. C'était chez elle que les qualités d'esprit étaient le plus appréciées. C'est d'elle enfin qu'est sortie l'Eglise chrétienne, qui dans les siècles suivants, en dépit du désordre social, a sauvé tout ce qui était conscience, élévation d'âme et culture intellectuelle. »
Et ceci pour conclure : « Dire que l'Empire romain a péri par l'effet de sa corruption, c'est dire une de ces phrases vides de sens qui nuisent si fort au progrès de la science historique et à la connaissance de la nature humaine ^ »
Il est vrai qu'on allègue les noires peintures de