I. — Les États de 1468 et le roi Louis XI
« Le Roi, informé de tout ce qui se tramait contre lui en Angleterre, crut qu'il n'aurait jamais de paix et qu'il ne pourrait compter sur aucun traité tant que son frère serait entre les mains des mécontents. Pour leur enlever tout prétexte de brouiller, il convoqua les États à Tours pour le 1" d'avril afin qu'ils réglassent eux-mêmes l'apanage de Monsieur. L'ouverture s'en fît le 6 d'avril : le Roi qui savait manier les esprits sut amener les États au but qu'il s'était proposé. 11 fut décidé dans cette assemblée que la Normandie était tellement unie à la couronne que le Roi ne pouvait l'en séparer ; qu'on donnerait à Monsieur pour apanage 12.000 livres de rente, etc. Qu'à l'égard du duc de Bretagne qui retenait Monsieur, qui avait osé faire la guerre à son souverain et traiter avec les ennemis de l'Etat, il serait sommé de rendre ce qu'il avait pris ; que s'il réfusait de le faire, le Roi était autorisé à lui déclarer la guerre et que les Etats lui offraient tous les secours qu'il devait attendre du zèle et de la fidélité de ses sujets. Cette délibération, si conforme aux vues de Louis XI, le confirma dans son dessein de pousser vivement le duc de Bretagne ; mais il était arrêté par la crainte du duc de Bourgogne et il aurait bien souhaité que ce prince adhérât aux résolutions des États ; il lui en fit faire la proposition, mais le duc la rejeta fièrement ; cependant il consentit que la trêve entre lui et le Roi fût prolongée de deux mois. »
Mais c'est de la lecture de l'histoire de ces troubles civils, histoire assez longue, qu'on saisit très bien que les États de Tours furent un acte de politique habile de la part de Louis XI.