‹ Les prejugés ennemis de l'histoire de FranceChapitre 153 sur 162 · II. — Sur les États de 1506 et le roi Louis XII · texte numérisé non relu

II. — Sur les États de 1506 et le roi Louis XII

« Les Etats du Royaume étant assemblés à Tours dans ce mois-là (mai 1506), les députés des ordres allèrent trouver le Roi au Plessis le 14, et Maître Thomas Bucot, portant la parole, après avoir représenté au Roy les alarmes que sa maladie avait données à tout le royaume et lui avoir, après plusieurs éloges, donné le titre de Père du peuple, le supplia, au nom de tous les Etats, de donner Madame Claude, sa fille unique, en mariage au duc de Valois. Le Roy, ayant concerté sa réponse avec les cardinaux d'Amboise et de Narbonne et le chancelier, dit aux députés : que, s'il avait gouverné ses peuples de manière à faire regretter sa perte, il espérait, avec le secours de Dieu, faire encore mieux dans la suite et que, pour ce qui était du mariage proposé, il prendrait làdessus l'avis des princes de son sang. Il tint conseil, en effet, le 18. L'évêque de Paris parla le premier, et après lui les premiers présidents de Paris et de Bordeaux, qui firent fort de grands discours pour lever toutes les difficultés qu'on pourrait former contre le mariage proposé, à quoi ils réussirent si bien, qu'il fut résolu tout d'une voix que l'on accorderait ce que les Etats demandaient. Le chancelier déclara le lendemain cette résolution aux députés en présence du Roy, des princes et de tout le conseil, et que les fiançailles se feraient le 21, comme elles se firent effective ment, dans une salle du Plessis où l'Infant de Foix apporta Madame Claude entre ses bras ; le cardinal d'Amboise la fiança avec le jeune duc de Valois; et le Roy fit faire serment par tous les princes, barons du royaume et députés des Etats et en particu-

1. Extrait de l'Histoire de Bretagne de dom Lobineau, t. 1" (Paris, chez la veuve de F. Muguet, 1717), p. 830.

lier par ceux de Bretagne : qu'ils exposeraient corps et biens pour faire accomplir le mariage de Monsieur de Valois et de Madame Claude, aussitôt qu'ils seraient en âge de le consommer, et que, si le Roy mourait sans enfant mâle, Monsieur de Valois serait reconnu pour roi. Le lendemain on dressa le traité de mariage, etc. »

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