‹ Les prejugés ennemis de l'histoire de FranceChapitre 16 sur 162 · Chez Fustcl de Coulanges, ouv. cit., p · texte numérisé non relu

Chez Fustcl de Coulanges, ouv. cit., p

Les uns parlent de jeunesse des races et, tenant pour jeune la germaine, représentent dans son intrusion une réparation de l'histoire ; les autres, tout pleins du préjugé des révolutions nécessaires, dépeignent comme un gage de l'avenir la révolution produite ainsi. Dans Finvasion germanique, ils se complaisent, dit Fustel, « à se figurer la marche régulière et presque solennelle d'un grand peuple, qui a besoin d'expansion et qui, du droit de sa forte et vertueuse jeunesse, va fonder de nouveaux Etats > ^

En conséquence, il faudrait que nous crussions que les nations modernes ont tiré leur empreinte des Germains. La France, en particulier, serait issue de Tapport de la Germanie. Ce qui fait le caractère de l'Europe au sortir de la domination romaine, c'est l'établissement du régime féodal : on veut donc que ce régime soit l'ouvrage des Barbares, que l'état social qui s'ensuit leur soit dû, en même temps que toutes les révolutions dont cet état fut cause. C'est le préjugé germanique.

On le croit ancien ; il est récent, et on en peut aisément nommer le père. Le jurisconsulte Hotman, calviniste réfugié à Genève, le mit en cours au xvi' siècle. Son livre intitulé : Gaule franque, Francog allia, imprimé en 1574, appuie sur ce point principal, que la domination romaine est identique au despotisme, et que les institutions de contrôle du pouvoir, telles par exemple que les tenues d'Etats, sont l'invention des Francs qui conquirent la Gaule. Cette conquête eut, selon cet auteur, pour résultat de délivrer les Gaulois. L'effet de cette délivrance a duré jusqu'à l'établissement des Capétiens. Sous le règne du premier de ces princes, la France rentra dans le despotisme. Le lecteur trouvera Texposé de cette

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