‹ Les prejugés ennemis de l'histoire de FranceChapitre 18 sur 162 · Chez Fustel de Coulanges, l'Invasion germanique, p · texte numérisé non relu

Chez Fustel de Coulanges, l'Invasion germanique, p

Quelques jours après ils quittent Rome, après s'être fait donner le titre de citoyens romains.

Voilà pour le mépris du luxe et des plaisirs de Rome que les Germains auraient professé, voilà pour la fierté qu'ils auraient mise à garder en face de ces pompes le nom de Germains etTindépendance. Voici pour l'opinion que les Barbares avaient de l'édifice politique de Rome et du respect qu'il méritait. Le témoignage vient d'Olvmpiodore *. Ataulphe, selon cet auteur, avouait qu'il avait un moment songé à détruire l'Empire romain et à élever sur ses ruines un empire gothique, mais il renonça à ce projet.

S'étant aperçu, dit l'auteur ancien, que les Goths étaient encore trop barbares pour obéir à des lois, et que sans lois il est impossible de fonder un Etat, il s'était donné pour tâche d'employer les forces des Goths à rétablir le lustre et l'autorité de l'Empire romain.

Tel est le vrai tableau des choses. On n'y voit pas, entre le Germain et le Romain, d'inimitié héréditaire. « Pour les Germains d'alors, dit Fustel de Coulanges, Tennemi héréditaire, o'est le Germain. » Ainsi les invasions barbares n'ont pas le caractère qu'on leur prête.

Ce qu'elles présentent de violences n'est pasl'efFet d'un dessein formé, mais le résultat de circonstances qui n'ont accompagné qu'une partie de l'événement. 11 est vrai que les incursions barbares, opérées de vive force et à main armée, sont ce qu'on en devait surtout retenir, parce qu'elles font autant de faits détachés et distincts, sujets à l'assignation des dates.

En 404, nous savons que Radagaise fit la conquête de l'Italie. Les Burgondes et les Visigoths envahissent la

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