Chez Fustel de Coulanges, ouv. cit.. p. 5U
Gaule de 406 à 411. Une incursion des Francs est mise vers le même temps. Un demi-siècle plus tard, en 451, se place l'invasion d'Attila.
Voilà, dis-je, ce que nous retenons de l'histoire ; voilà ce qui vient au premier plan dans les récits. Cependant il faut considérer que les peuples ici nommés n'étaient pas à l'état de corps de nation, mais de bandes, et qu'ils ne venaient pas avec le dessein de conquérir, mais seulement de ravager. De ces Barbares il ne resta rien ; leur court passage ne fut marqué que par les brigandages qu'ils commirent. Ceux qui fondèrent les diverses monarchies au nombre desquelles compte la monarchie franque, sont des Barbares d'une autre sorte ; c'est à connaître ceux-là qu'il convient de s'appliquer.
Ceux-là étaient entrés en Gaule non comme ennemis et combattants, mais à titre de colons et de soldats de l'Empire.
Rien n'est si constant que le fait de ces colonies barbares, autorisées par l'administration romaine, sur la demande même des Barbares. Michelet a feint ' qu'ils le regrettaient ensuite, et que, bientôt las des avantages que donne la civilisation, ils s'empressaient de quitter ces établissements et de rejoindre la barbarie.
On sait, dit pompeusement cet auteur, le hardi voyage de ces pirates, qui partirent, ennuyés de leur exil^ pour aller revoir leur Rhin ^ pillant sur les côtes de l'Asie, de la Grèce, de la Sicile, et vinrent aborder tranquillement dans la Frise et dans la Batavie.
Il est fâcheux que les textes qui rapportent le fait ne disent pas cela, ne contiennent rien de pareil à cette réclame en faveur de l'état sauvage. Michelet commente