‹ Les prejugés ennemis de l'histoire de FranceChapitre 20 sur 162 · Chez Fustel de Coulanges, ouv. cit., p · texte numérisé non relu

Chez Fustel de Coulanges, ouv. cit., p

DiMiER. Préjugés 5

ici Testampe mise en tête du Discours de r Inégalité parmi les hommes, où Ton voit un sauvage, adopté par un Espagnol de la conquête, renoncer, quand vient l'âge d'homme, aux avantages de la société des blancs. « Il retourna, dit le texte, chez ses égaux. » Ce texte est de Rousseau ; mais Zozime, auquel est emprunté le voyage des pirates, ne dit autre chose sinon qu'après avoir pillé ils sont rentrés chez eux : 'Exo^/eXôeiv cïxace ; ce qui ne signifie ni le Rhin, ni la Batavie, mais la colonie où ils vivaient établis, et à laquelle ils n'avaient garde de renoncer.

Il faut voir la manière dont Ammien Marcellin * fait parler les colons de l'Empire :

« Nous sommes prêts, disent ces Barbares, si c'est la volonté de l'empereur, à vivre dans les limites de l'Empire et à occuper un district aussi éloigné qu'on voudra ; désormais tranquilles, nous serons voués au culte de la paix comme d'une divinité bienfaisante, et nous accepterons les charges et même le nom de tributaires. »

Outre ces colonies, outre les troupes barbares, nombre de soldats barbares se trouvaient mêlés et confondus dans les armées de l'Empire, nombre de barbares vivaient dispersés dans l'Empire à Tétat de colons. Ces individus dispersés renforçaient la situation des troupes et des colonies. Cette situation n'avait rien d'hostile, elle n'empruntait rien d'une rivalité de races. D'elle est sortie pourtant ce qu'on nomme la conquête ; l'établissement dos Francs n'a pas d'autre origine.

Entre les tribus germaines qu'on désignait du nom de Francs, quelques-unes vivaient sur la rive gauche du Rhin, dans un pays où de bonne heure on leur voit Tournay pour capitale. Cette capitale, le roi qui y demeu-

Page 1