Transformation de la Monarchie carolingienne, p
églises qu'elle bâtit, quelques routes que peut-être elle répara, ne prouvent pas qu'elle ait eu le génie de Tadministration. »
A défaut de tant de mesure et de sagesse, dirai-je que le persiflage historique de Voltaire est plus près du vrai à cet égard que la pédanterie gourmée des modernes? Il reprend d'un air d'impertinence le récit que Montesquieu fait de ces guerres civiles ',en dépeint les horreurs, en fait à plaisir éclater Tabsence de dessein politique et de philosophie, puis là-dessus ajoute le plus froidement du monde : « Tel fut longtemps V esprit des lois dans la monarchie naissante. »
Aux théories que j'ai rapportées, l'histoire n'oppose pas seulement son silence, mais im démenti éclatant. Ce démenti vient de la splendeur que jettent précisément dans le temps où l'on place l'abaissement de la monarchie mérovingienne, les règnes de Glotaire II et de Dagobert.
La grandeur de ces princes est un des traits fameux de l'histoire. M. Zeller, cependant, n'hésite pas à les ranger parmi les rois fainéants. C'est que leur règne est pos térieur à l'édit de 614. Ce classement serait à peine croyable. Pour se convaincre qu'il est, qu'on ouvre la collection de f Histoire de France racontée par les contemporains ^comiaQucéQ d'imprimer en 1880. Dans cette histoire racontée par les contemporains, les contemporains ne soufflant mot de l'importance que M. Zeller attribue à l'édit de 614, M. Zeller intervient lui-même, pour suppléer les contemporains et leur montrer làdessus leur devoir :
Le triomphe de Clotaire, dit M. Zeller, fut celui des Austrasiens (Clotaire était roi de Neustrie) et de l'aristocratie