‹ Les prejugés ennemis de l'histoire de FranceChapitre 30 sur 162 · I. LE PRÉJUGÉ DÉMOCRATIQUE · texte numérisé non relu

I. LE PRÉJUGÉ DÉMOCRATIQUE

Tel est le tableau dont il convient de composer une préface à Favènement définitif des princes capétiens au trône. Cet avènement commence le rétablissement de Tordre. Notre pays leur en doit le bienfait.

Cet ordre ne pouvait se rétablir que par l'unité politique. Le défaut de cette unité était la cause de tant de désordres. La restauration de Tunité fut Tœuvre de la royauté.

Il ne faut pas dire royauté capétienne. Il n'y a pas de royauté capétienne. Nombre d'auteurs tiennent à cette désignation, parce qu'ils entendent par là une certaine essence et nature, une détermination particulière de l'autorité suprême dans la personne des Capétiens. Ils appellent cette autorité la monarchie féodale.

Il s^agit ici d'une de ces déterminations de principe délicates, mais dont Textrême importance se fait sentir dans les effets. Augustin Thierry s^imagine que la monarchie française a reçu l'empreinte d*absolutisme de son origine féodale.

La royauté regardée, dit cet historien, comme un droit personnel et non comme une fonction publique, le roi propriétaire par-dessus tous les propriétaires, le roi tenant de Dieu seul : ces maximes fondamentales de notre ancienne monarchie dérivent toutes de Tordre de choses qui modelait la condition de chaque homme sur celle de son domaine et sanctionnait l'asservissement de tous les domaines hors un seul *.

Le même auteur allègue en preuve de cette origine, que la monarchie française a cherché dans la loi salique (qu^il compte pour féodale) sa règle de succession au trône.

Augustin Thierry n'est pas seul à abuser de ce fait.

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