‹ Les prejugés ennemis de l'histoire de FranceChapitre 38 sur 162 · DE L'ŒUVRE MILITAIRE · texte numérisé non relu

DE L'ŒUVRE MILITAIRE

Le préjugé dont il s'agit fait croire que l'état des fortunes est ce qui règle tout dans un pays. Le régime politique lui-même, dépositaire de la force publique, ne serait qu'un effet de cet état. Les révolutions politiques seraient la conséquence nécessaire de changements dans les fortunes : les décadences et les relèvements, dont le pouvoir est cru et se proclame la cause, seraient contenus dans le jeu des forces économiques.

En conséquence, ne s'attacher qu'à la nature du gouvernement, s'en prendre à lui des maux de la société, mettre en lui l'espoir du bien public, est une illusion. Concevoir politiquement le problème politique est une des grandes erreurs du monde ; il faut le concevoir en termes de finance. Et, parce que nulle part plus que dans les organes militaires l'opposition ne se montre entre les pouvoirs publics et les pouvoirs d'argent, c'est aux organes militaires qu'on s'en prend. Le procès de la guerre et des armées suit le préjugé dont il s'agit. On le rencontre plus ou moins chez tous ceux qui ne voient dans la machine politique qu'un appareil indicateur du crédit public.

Ces idées sont celles dont fit tant de tapage la célèbre

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