‹ Les prejugés ennemis de l'histoire de FranceChapitre 69 sur 162 · LES ORIGINES .* LE XVl'' SIÈCLE · texte numérisé non relu

LES ORIGINES .* LE XVl'' SIÈCLE

Ainsi la veille de la Renaissance fait voir les artistes gothiques plus habiles, mieux exercés, plus ouverts, plus en possession de leur art que jamais. Dans ces conditions, il est difficile de regarder celle-ci soit comme le recours d^une école tombée dans l'épuisement, soit comme le reniement d'une génération aveuglée sur les principes de Fart. Il faut la prendre pour ce qu'elle est, pour le terme d'un progrès naturel, qui faisait reconnaître dans l'antiquité un modèle supérieur à tout le reste et ralliait de ce côté les suffrages.

Cette supériorité n'emporte nul discrédit de Tart du Moyen Age dans son ensemble. La renaissance qui se produisit ne fut accompagnée d'aucun reniement, d'aucun anathème.

Gela est évident en ce qui regarde soit la peinture, soit la sculpture. Vasari, Van Mander, dans leurs livres des Peintres, ont fait l'éloge des gothiques, du même air dont ils présentaient celui de leurs contemporains. Les architectes se flattèrent d'avoir retrouvé la bonne méthode de bâtir ; on ne les voit pas mépriser cependant les anciens édifices gothiques. Dans ses Plus Excellents Bâtiments de France, Ducerceau grave et décrit avec éloge les châteaux de Vincennes et de Goucy. Ges architectes n'entreprirent jamais contre les anciens maçons l'œuvre de diffamation et d'injures que Técole romantique, par exemple, mena contre l'architecture classique, et dont on trouve les éclats dans la Notre-Dame de Paris,

N'oublions pas que le contact de l'antique n'avait jamais cessé durant tout le Moyen Age. L'architecture de ces temps-là, soit romane soit gothique, a ses origines dans la latine. Gourajod veut que la byzantine ait joué ce rôle. M. Brutails l'a réfuté là-dessus *. Prise dans le

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