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CHAPITRE IX

LA QUERELLE DE LA RENAISSANCE IL LES SUITES ; LE XVIP SIÈCLE ET LE XVIIP

Nous avons vu qu'on reproche au xvi® siècle d'avoir adopté le paganisme. Il serait difficile de répéter ce reproche quand il s^agit du xvii\ Les sentiments de religion, la fidélité à TEglise, éclatent dans ce siècle-là. Cependant, à son endroit même on ne voit pas la critique désarmer. Les éléments confus dont est faite la détestation de la Renaissance continuent de protester contre l'esprit de ce siècle.

Dans rembarras d'arguer d'une impiété réelle, on assure que l'imagination au moins de ces catholiques était païenne. On accuse ce grand siècle français d'avoir ignoré ou méprisé nos origines. On ajoute enfin que l'esprit d'imitation a jeté l'époque dans un faux goût, qu'il était réservé au xix" siècle de corriger.

Ce dernier reproche est la suggestion directe du romantisme. Elle fait au plus grand de nos siècles littéraires ce sort bizarre, de se voir pressé d'une part entre les revendications imaginées du Moyen Age et l'éloge moderne et révolutionnaire de la nature et de la liberté.

Je ne répéterai pas que le décri de ce siècle compose aux conservateurs qui s'y adonnent une position fausse et humiliée ; je ne rappellerai pas le détriment qui s'ensuit jusque dans l'action politique. Un suffisant

développement de ce point de vue se trouve dans les pages qui précèdent ; mais il faut ajouter un point, c'est que la cause du classicisme français, représentée par le xvii* siècle, attaquée d'une part au nom de l'instinct de la race, de l'autre au nom de la liberté à laquelle le génie a droit, se confond avec la cause de la civilisation.

J'ai démontré au chapitre précédent que l'esprit du Moyen Age, qui contint en germe la Renaissance et qui en fait la préparation, ne peut fournir d'argument historique aux reproches qu^on oppose à celle-ci. Je veux faire voir maintenant, contrairement à ce qu'on pense, que les siècles issus de la Renaissance n'ont jamais méprisé ni haï le Moyen Age.

La critique vit à cet égard sur un petit nombre de textes, qui paraissent toujours les mêmes. 11 en est de ces citations comme de celles que la Révolution allègue contre les abus de l'ancien régime. Deux sont de Boileau :

\'^illon sut le premier, dans ces siècles grossiers, Débrouiller l'art confus de nos vieux romanciers...

De pèlerins, dit-on, une troupe grossière, En public, à Paris, y monta la première...

Telle est chez Boileau l'histoire des origines de la poésie française d'une part, du théâtre français de Tautre. Mais à l'allégation de ces textes il ne faut répondre qu'une chose, c'est que Boileau n'est pas tout le siècle.

On objecte qu'il en est l'oracle. Pour l'érudition, pas du tout.

Une confusion chez nous engendre de grandes erreurs : c'est celle de l'érudition et du goût. Elle règne dans l'enseignement des classes ; on la proclame dans les prin-

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