Histoire des Variations, liv. X, ch
les démonstrations de Thistoire. Ce qui suit pourra servir à faire cesser ce scandale, en découvrant les causes qui ont fait prendre le change à Topinion à cet égard.
Deux points remués à satiété ont procuré à la Réforme cet avantage : le massacre de la Saint-Barthélemv, la révocation de l'édit de Nantes, C'est à éclaircir ces deux points que sera consacré ce chapitre.
Le massacre de la Saint-Barthélémy, survenu en 1372, fait le point aigu des guerres qui suivirent l'introduction de la Réforme en France. On ne peut Texaminer qu'avec celles-ci.
Une erreur d'ordre général, adoptée par des auteurs de partis différents, c'est de rejeter l'horreur de ces guerres sur les passions politiques. Des ennemis de la religion ont suivi ce parti, afin de montrer dans les chefs catholiques autant d'ambitieux hypocrites ; des auteurs catholiques y ont vu l'avantage de décharger le zèle religieux des accusations qu'il encourt. La vérité est que cette décharge ne s'opère que par un jeu d'esprit, et qu'on pourrait aussi bien démontrer, par exemple, que les attaques de l'impiété ne sont pas dirigées contre la religion, mais contre son masque.
Nous ne doutons pas du tout que l'intérêt politique se soit servi des guerres de religion. Mais où voit-on qu'un partage d'intérêt ôte aux événements leur caractère? L'ambition de dominer les hommes se trouve chez les docteurs de la Réforme eux-mêmes : dirons-nous pour cela que ces docteurs, que Luther, que Calvin, n'étaient que des politiques, masqués de l'intérêt du ciel? Certainement non, car l'ambition chez eux était d'ordre religieux ; c'est à l'autorité religieuse qu'elle tendait. C'est le préjugé de quelques personnes de croire que toute corruption du sentiment religieux, toute déviation du zèle