CONCLUSION
Dans la préface dont il a honoré les Maîtresses et la Femme de Molière, M. Maurice Donnay m'appelle, non sans quelque ironie tempérée de bienveillance, « un infatigable chasseur d'hypothèses ». « A chaque instant », sourit-il, l'auteur « fait lever des hypothèses et les met dans son livre. On sent qu'il éprouve à ce jeu une joie sincère, une sorte de griserie ».
Que dira-t-il, s'il veut bien lire ces Premières Actrices"!... Je le demande cependant : pouvais-je remplir ma tâche autrement qu'à l'aide de conjectures, véritables essais de reconstruction logique, parfois ?
Les innombrables lacunes rencontrées au cours de mes recherches m'ont imposé à plusieurs reprises l'emploi de cette méthode reconstructive, dont je ne me dissimulais ni les périls ni l'insuffisance. La meilleure hypothèse ne vaut pas une certitude issue d'irréfragables documents. Mais, quand les documents font défaut, que des vides apparaissent, comment n'être pas tenté de les combler? L'imagination — il y a une imagination scientifique — prenant son point d'appui sur le connu, s'efforce naturellement de remplacer l'inconnu par du plausible. C'est même son devoir ; et c'est ce qui fait que l'érudition, s'attaquant à de certains sujets, n'est pas uniquement œuvre de patience et de sagacité, mais presque, à sa manière, oserai-je l'écrire ? de poésie.
Oh ! de poésie peu séduisante pour le commun des lecteurs
Que dis-je ? Il y a dans le monde littéraire, contre