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FIG. 24. — LES TROIS GRANDES PYRAMIDES

Les pyramides ne sont, comme on le sait, que des tombeaux. Elles sont fort nombreuses dans la nécropole de Memphis et ne ditferent les unes des autres que par leurs dimensions. Les plus importantes par leur ampleur sont les trois pyramides construites il y a 6,000 ans environ par les rois Khéops, Rhépbren et Mycériuus, pour leur servir de tombeaux. La plus grande a 138 mètres de hauteur, c’est-à-dire deux fois la hauteur de Notie-Dame de Paris. On a calculé qu'avec hs ï milliards 500000 mèties cubes de pierre quelle contient on pourrait entourer d’uu mur épais toutes les frontières de la .France (250Q kilomètres environ)

On commençait les pyramides par un noyau central qu’on revêtait d’enveloppes successives à mesure que le règne du souverain sc prolongeait. Les dimensions des pyramides sont par conséquent en raison de la durée du règne.

La grande pyramide, le sphinx et le temple du sphinx sont représentés dans une des grandes planches photographiques de cet ouvrage.

Cette conquête ne pouvait naturellement s’opérer que sur des femmes étrangères à la tribu, et de là sans doute naquit la coutume que nous retrouvons encore chez la plupart des peuples non civilisés, de n’épouser que des femmes étrangères à leur tribu. La coutume des unions exogamiques a ainsi survécu à la cause qui l’avait produite. Dans beaucoup de pays, la violence

faite à la jeune fille est simulée par une cérémonie plus ou moins naïve; au Kamschatka, c’est presque un viol public. Aujourd’hui même, en Chine, on ne se marie pas entre gens du môme nom.

La femme et les enfants ayant toujours été considérés, non seulement chez tous les peuples primitifs, mais encore dans toute l’antitiquité classique, comme la propriété absolue du mari, et le droit de vie et de mort sur eux lui ayant toujours été reconnu par les anciens codes, le code romain notamment, on s’explique la généralité de l’infanticide chez tous les anciens peuples barbares ou civilisés. 11 n’exista pas seulement à Sparte et à Rome; des peuples modernes très avancés, les Chinois, par exemple, le pratiquent régulièrement.

C’est des filles qu’on s’est toujours débarrassé le plus volontiers, parce qu’elles ne peuvent devenir des travailleurs et des guerriers. Chez les Rajpouts de l’Inde, race très intelligente, très chevaleresque et très civilisée, l’infanticide des filles fut longtemps pratiqué sur une large échelle, si bien que les femmes finissaient par manquer. Cette coutume, dont la conséquence immédiate était la rareté des femmes, fut sans doute aussi une des causes de la polyandrie chez beaucoup de peuples.

On voit par tout ce qui précède que la famille humaine ne fut pas à l’origine cette institution à la fois religieuse et civile, principalement fondée sur des sentiments affectifs, que l’on a voulu voir à la base de toutes les sociétés humaines. Elle a subi de bien lentes évolutions, et les cruelles nécessités de la barbarie primitive l’ont fait descendre même au-dessous de ce"qu’elle est chez les animaux. C’est à peine si elle s’est dégagée de ses formes les plus grossières lorsque s’ouvrent les temps historiques. Elle devait bientôt s’en dégager pourtant, car, dans les premières civilisations, la promiscuité antique n’apparait plus qu’à l’état de vestige chez la plupart des peuples.

Dès la plus haute antiquité classique, la filiation paternelle est établie, et la famille a pour fondement solide l’autorité incontestée du père et le culte des ancêtres. Chez certains peuples, les primitifs Aryas, par exemple, cette nouvelle forme d’évolution avait même été réalisée dès les temps préhistoriques. En s’appuyant,

ÉVOLUTION DES CIVILISATIONS

comme toujours, sur la langue de ce peuple disparu, on voit que chez lui tous les liens familiaux étaient distinctement établis, et les degrés de parenté, père, mère, fils, frère, oncle, tante, neveu, indiqués comme ils le sont chez nous.

La grande évolution déjà accomplie presque chez tous les peuples que nous étudierons dans ce volume et qui entrèrent les premiers dans l’histoire, c’est le passage du matriarcat au patriarcat. Ce n’est plus la tribu, mais le père de famille qui est devenu l’unité sociale. La famille est alors constituée avec une grande solidité; monogame ou polygame, le mari en est le chef absolu. A Rome, le pouvoir de l'homme sur sa femme était souverain ; elle n’était qu’une esclave dont la loi ne s’occupait même pas et sur laquelle le mari avait un droit complet de vie et de mort. Les législateurs grecs ne traitaient pas la femme avec plus de douceur, et ne lui reconnaissaient que des devoirs et aucun droit.

Dans la plupart des civilisations que nous aurons à examiner au cours de cet ouvrage, le père de famille est le chef absolu d’un groupe composé de ses femmes, de ses enfants, légitimes, naturels ou adoptés, de ses esclaves et de tous ses parents plus ou moins éloignés. Le type le plus parfait de ce groupe est la curie romaine : c’est cette famille antique dont l’extension formera le clan du moyen âge, autre degré de Dévolution sociale.

Les lois générales que nous venons d’exposer nous ont amené au seuil du foyer antique, et nous permettront de comprendre ses formes différentes, ses usages, ses superstitions, ses bizarreries et sa grandeur au sein des vieilles civilisations; mais il ne faut considérer les pages qui précèdent que comme la synthèse très sommaire de faits nombreux. Le cadre de ce travail ne nous permettait d’indiquer que les plus essentiels. Nous avons dù nous borner à tracer les lois générales de l’évolution du mariage et de la famille; mais les nécessités locales ontfait varier considérablement d’un peuple à l’autre la rapidité et les formes secondaires de cette évolution. Chez tous cependant on retrouve d’abord la promiscuité générale engendrant nécessairement la parenté par les femmes; puis la polyandrie, forme restreinte de la promiscuité ; et enfin la polygamie ou la monogamie, avec lesquelles se développent la parenté paternelle et le patriarcat,tel qu’il nous apparaît à l’aurore des premières civilisations.

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Si nous avions pu étudier ici le mariage et la famille chez tous les peuples primitifs, nous aurions vu combien sont variées les coutumes qui dépendent des lois générales que nous avons exposées. Les nécessités locales ont engendré chez les divers peuples les usages les plus contraires à toutes nos idées modernes, tels que le mariage entre frère et sœur, les mariages temporaires, la fidélité conjugale alternant avec une licence autorisée par les coutumes, la prostitution pratiquée jusqu’au jour du mariage seulement, afin de permettre à la femme de s’amasser une dot, ainsi que cela se pratique encore de nos jours au Japon, par exemple, et bien d’autres singularités encore.

Mais quelles qu’aient été les formes diverses que les lois religieuses ou civiles ou la simple coutume ont imposées aux unions entre les sexes, un fait général se rencontre partout, aussi bien chez les sauvages les plus primitifs que dans les sociétés civilisées de la Grèce et de Rome. Partout la femme n’est considérée que comme un objet de propriété obtenu, comme toutes les propriétés, par voie de conquête, d’achat ou de cession. Elle est la chose de son maître au même titre que son cheval ou ses armes, et peut être louée, prêtée ou vendue. L’émancipation de la femme est l’œuvre des sociétés modernes, et la possibilité de cette émancipation ne fut même pas soupçonnée par le monde antique. Chez les Grecs et les Romains, la femme était l’esclave légale du chef de famille qui avait sur elle tous les droits absolus qu’il possédait sur ses animaux et ses esclaves. Aux temps les plus civilisés de la Grèce, Platon la traite avec autant de dureté que l’ancien code hindou de Manou; il reproche aux vieux législateurs Minos et Lycurgue de ne pas avoir déclaré que les femmes seraient possédées en commun, et affirme dans sa République qu’elles doivent passer de mains en mains. Le sage Socrate et le vertueux Caton trouvaient tout naturel de prêter leur femme à leurs amis. En dehors des hétaïres, qui, comme dans l'Inde moderne, jouissaient d’une grande considération parce qu’elles étaient les seules femmes libres et les seules instruites, les Grecs, qu’on peut considérer pourtant comme le peuple le plus civilisé du vieux monde, ne placèrent jamais la femme à un rang supérieur à celui de l’esclave. L’Égypte seule, comme nous le verrons, fit de la femme presque l’égale de l’homme.

Dans les formes les plus diverses de l’union entre les sexes, polyandrie, polygamie ou monogamie, le contrat de mariage n'a jamais été pour elle qu’un contrat de servitude. Les cinq à six mille ans d’esclavage, sans parler des temps préhistoriques, qui ont pesé sur la femme, ont lourdement pesé aitssi sur le développement de ses sentiments et de son intelligence. Nous essayons de l’instruire et de l’émanciper aujourd’hui. L’avenir dira ce qu’il peut résulter de cette tentative. Nous pouvons dire seulement qu’elle ne sera pas l’œuvre d’un jour. L’abime intellectuel et moral créé entre l’homme civilisé moderne et la femme, par des accumulations héréditaires séculaires, demandera bien des siècles sans doute pour être comblé.

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