‹ Les premières civilisationsChapitre 105 sur 189 · SG · texte numérisé non relu

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que aussi développée peut-être que celle qui florissait alors sur les bords du Nil. 11 est souvent fait allusion dans les inscriptions aux grands temples que les rois édifiaient déjà à ces âges reculés.

Le plus ancien roi de cette époque dont les inscriptions aient gardé le souvenir est le roi Sarrukinu ou Sargon l’Ancien. 11 était souverain du pays d’Accad et conquérant du pays de Sumer. 11 fit construire dans Agadé, sa capitale, un temple, célèbre dans les annales chaldéennes. Ce temple, qui dura plus de 3000 ans, fut restauré par Nabonid, un des derniers rois de Babylone. C’est à cette circonstance qu’on doit de pouvoir fixer à 3 800 ans avant notre ère l’époque où existait le souverain cité plus haut. Il est dit, en effet, dans une inscription de Nabonid, que les cylindres couverts d’inscriptions qui avaient été enfouis dans les fondations du temple n’avaient pas été vus depuis 3 200 ans. Or, comme Nabonid vivait 555 ans avant Jésus-Christ, cela reporte à environ 3800 ans avant Jésus-Christ la date de la fondation du temple.

Les premiers rois chaldéens, grands bâtisseurs de villes et de temples, possédaient également, comme nous le voyons par leurs inscriptions, une langue et une écriture très perfectionnées. Le plus ancien roi connu de la Clialdée, ce môme Sirrukinu, nommé plus haut, fit composer en langue suméro-accadienne des ouvrages relatifs à la magie et aux présages. Ses livres traduits trente siècles plus tard par Assur-bani-pal, un des derniers rois de Ninive, nous sont parvenus.

Le peu que nous savons des premiers royaumes chaldéens paraît montrer qu’à une époque peu éloignée de la construction des grandes Pyramides, cette région du globe possédait déjà une civilisation élevée. Les débris de cette période sont malheureusement trop insuffisants pour que l’on puisse s’arrêter longuement sur elle.

Sur ces vingt-six siècles d’histoire, les livres avaient été absolument muets jusqu’ici, et ce sont seulement les découvertes des vieilles inscriptions cunéiformes qui les ont ramenés à la lumière. Ces inscriptions nous montrent la Chaldée divisée en plusieurs dynasties. Elles mentionnent des villes célèbres, telles qu’Eridu, qui possédait un temple dont les ruines réduites en poussière forment aujourd’hui un monticule de soixante pieds de haut; Sirtclla (Tel-Loh), où M. de Sarzec a découvert une curieuse collection

LA CIVILISATION Cil ALDÊO-ASSYRIENNE

de statues sans têtes figurant actuellement au Louvre; Ur, la patrie d’ Abraham qui possédait des rois vingt-quatre siècles avant notre

ère.

Parmi les événements qui se déroulèrent pendant cette période de vingt-six siècles, un de ceux qui laissa le plus de souvenir est l’invasion des Elamites(les Mèdes de Bérose) venus de l’est du Tigre (2300 ans avant notre ère) et dont Suse fut la capitale. C’est dans les sanctuaires de cette dernière cité qu’ils transportèrent les statues des dieux, telles que celles de la déesse Nana, prises dans les temples Chaldéens. Elles y furent reprises seize siècles plus tard par Assurbani-pal. Comme nous savons que ce conquérant s’empara de Suse 660 ans avant notre ère, que d’autre part il relate dans plusieurs de ses inscriptions que les statues qu’il reprit aux vaincus avaient séjourné 1 600 ans dans les sanctuaires étrangers, on voit comment il est possible de savoir que l’invasion élamite remonte à 2300 ans avant notre ère. Ce n’est que par ces moyens détournés qu’il est possible de fixer péniblement quelques dates dans ce chaos historique.

D’autres invasions suivirent d’ailleurs l’invasion élamite. Avec son morcellement en petites principautés, la Chaldée était fatalement vouée à devenir la proie de conquérants étrangers. Par les inscriptions retrouvées, on suit, avec de fortes lacunes, les Chaldéens dans l’histoire jusqu’au XIVe siècle avant notre ère, époque à laquelle la Chaldée tombe entièrement pour plusieurs siècles sous le joug de Ninive.

On ne sait pas comment se fit cette conquête. Lorsque quelque lumière se fait, le royaume d’Assur est fondé; il a la prépondérance sur tous ses rivaux. L’Asie est définitivement pliée sous la loi d’un maître.

Premier Empire d'Assyrie (depuis une période incertaine jusqu’à 1 020 avant J.-C.). — C’est au début du Premier Empire assyrien qu’il faut placer les légendes relatives à Ninus et à Sémiramis. Les annales assyriennes n’en font môme pas mention et ne contiennent rien qui en approche. Ces légendes ont été probablement fabriquées plus tard à la cour des Perses, où Ctésias les recueillit.

Les Assyriens voyaient dans le dieu Assur le fondateur de leur

empire, et dans El-Assar, sa première capitale. Elle resta la ville principale pendant la durée du Premier Empire assyrien.

Les commencements de cet empire furent difficiles. C’était l’époque où l’Égypte atteignait l’apogée de sa fortune militaire. Thoutmès Ier parvint jusqu’à Karkémis; Thoutmès III imposa un tribut au roi d’El-Assar; Amenhotep II prit la ville, alors obscure, de Ninive, et descendit le cours du Tigre.

Mais bientôt parut le premier de ces grands monarques conquérants, qui devaient rendre si éclatante et si redoutable la gloire de l’Assvrie. Teglath-pal-Asar Ier, infatigable guerrier, puissant chasseur comme Nemrod, renouvela les exploits du demi -dieu des Babyloniens, et compta orgueilleusement quarante-deux peuples qu’il avait vaincus en personne.

Toutefois, les chroniques de pierre qui nous racontent ses hauts faits et qui n’omettent aucun de ses actes de cruauté, sont muettes sur ce qui concerne la fin de son règne. Babylone, la cité chaldéenne, qu’il avait soumise, paraît avoir repris momentanément l’avantage. La grande lutte de l’Asie aura désormais pour but de savoir qui atteindra la suprématie entre l’Assyrie et la Chaldée.

Teglath-pal-Asar Ier fut le seul roi célèbre du premier empire assyrien. L’histoire n’a conservé que le nom de quelques-uns de ses successeurs et toute cette ‘période est enveloppée d’obscurité. Elle ne se dessine qu’avec l’apparition de la nouvelle dynastie qui fonda le second empire assyrien et fit de sa capitale la souveraine de l’Asie.

Deuxième Empire d'Assyrie (de 1 020 à 625 avant J. -G.). — Dès le commencement du Second Empire, l’ancienne capitale de l’Assyrie, El-Assar, fut abandonnée et les rois fixèrent leur séjour à Kalah.

Cette ville, qu’ils embellirent considérablement, était située au confluent du Tigre avec le grand Zab. Son nom actuel est Nimroud. Les fouilles que l’on y poursuit encore ont été des plus fructueuses en monuments et en souvenirs de toutes sortes.

Kalah ne garda toutefois pas longtemps le premier rang. Assurnazir-pal, le huitième ou neuvième roi du deuxième empire, celui qui, le premier de sa race, reprit l’œuvre de conquête, adopta pour capitale Ninive. Elle allait grandir et triompher, la ville « aux

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