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FIG. 270. — GÉNIE AILÉ ASSYRIEN

L’original est actuellement au musée du Louvre.

richesses infinies », dont parle le prophète Nahum. Elle allait régner sur l’Orient, étendre son joug au loin, le faire peser sur le front de son orgueilleuse rivale égyptienne, la superbe Thèbes elle-même. Dès les débuts du second empire d’Assyrie, nous possédons des

listes chronologiques exactes. Les Assyriens donnaient à chaque année le nom d’un fonctionnaire important, qui était le limmu de l’année. Les rois étaient limmu pour la première année de leur

règne.

Assur-nazir-pal fut à la fois un grand conquérant et un grand constructeur. Les monuments qu’il a laissés sont fort nombreux, et tous portent, détaillé, le récit de ses exploits. Il soumit toutes les provinces que baigne le moyen et le bas Euphrate, prit Babylone, conquit la Syrie, la Phénicie, reçut d’humbles messages de l’Égypte, et sut maintenir son immense empire dans une étroite obéissance.

Salmanazar III continua son œuvre, cette œuvre de guerre incessante qui fut celle de l’empire assyrien. Jamais, pour Ninive, il n’y eut de conquête une fois faite, après laquelle elle put poser les armes. Dès que son activité dévorante se relâchait, les révoltes éclataient, les coalitions se formaient partout.

Babylone surtout ne supportait qu’avec rage la domination de la cité du nord. Quelques princes moins énergiques s’étant succédé après Salmanazar, la crainte de Ninive s’affaiblit chez les vaincus, et, suivant une légende grecque, deux chefs audacieux, Arbace le Mède et Bélésis de Babylone, réunirent les forces des mécontents, et vinrent mettre le siège devant la capitale de l’Assyrie.

Le roi sensuel et débauché qu’ils attaquaient, le Sardanapale des Grecs, se croyait en sûreté à l’abri de ses épaisses murailles, étant d’ailleurs rassuré par un oracle d’après lequel il ne pouvait courir de dangers que lorsque le fleuve combattrait contre lui. Mais, au bout de trois ans, des pluies abondantes déterminèrent un débordement du Tigre, qui renversa une partie des remparts et permit aux ennemis d’entrer. Sardanapale, retrouvant quelque énergie dans le péril, résista jusqu’au dernier moment, puis s’enferma dans son palais avec ses femmes, ses enfants, ses serviteurs et ses trésors, et se livra aux flammes avec eux, s’il faut en croire la légende grecque.

Toutefois l’éclipse que subit la puissance de Ninive ne dura guère plus d’un demi-siècle. Dès 745, l’Assyrie avait retrouvé un grand souverain dans la personne de Téglath-pal-Asar IL Les triomphes militaires recommencèrent. L’armée devint l’idole des Nivinites, chez qui elle faisait affluer la gloire et les richesses. Aussi lorsque .

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après Téglath-pal-Asar II, son fils Salmanazar V mourut sans héritier, on plaça sur le trône le puissant généralissime Sargon, qui fonda une nouvelle dynastie et fut l’un des plus brillants conquérants du monde.

Toutes les anciennes possessions de Ninive furent réunies de nouveau sous le sceptre de Sargon. Il les augmenta du royaume d’Israël, de l’ile de Chypre, du pays des Philistins, de toute l’Arménie et d’une partie de la Médie. Pour perpétuer à jamais la mémoire de son glorieux règne, Sargon fit construire le splendide palais de Khorsabad, le premier que la pioche de Botta ait fait surgir du sol il y a environ cinquante ans.

Sennachérib et Asarhaddon — de 704 à 667 avant J. -C. — soutinrent par d’incessants efforts, cet énorme empire, qui contenait en lui tant de causes de faiblesse, et qui surtout manquait de cohésion.

Sennachérib fit la guerre à Ezéchias, roi de Juda; puis il descendit jusqu’en Égypte et dressa ses tentes devant Péluse. Mais une catastrophe, dont la nature reste douteuse, le força à se retirer. Lorsqu’il revint en Assyrie, il fut assassiné par ses propres enfants.

Son petit-fils, Assur-bani-pal, porta à son apogée la puissance de Ninive. Ce fut lui qui le premier fît, au moins momentanément, la conquête de toute l’Égypte et vengea sur Thèbes l’insulte que Thoutmès avait jadis infligé à Ninive.

Il devait être donné à ce vaillant prince de satisfaire toutes les rancunes séculaires de la Mésopotamie, en effaçant aussi l’opprohe ancien que la conquête élamite avait infligée à Babylone; il ramena en triomphe de Suse, prise par lui, 660 ans avant notre ère, les dieux de la Chaldée, prisonniers depuis seize siècles.

Ce puissant souverain ne fut pas seulement un glorieux conquérant. Il protégea les arts et les sciences, acheva le palais de Sennachérib, à Ninive, où Part assyrien atteignit son plus haut degré de perfection, et y rassembla une bibliothèque, dont la linguistique moderne nous livre aujourd’hui les trésors.

Toutefois, au moment où elle parvenait à son apogée, la puissance de Ninive touchait en même temps à sa fin.

C’est , sous le propre fils d’ Assur-bani-pal, que cette ville fut prise et détruite.

Un nouvel empire avait grandi à l’Orient, celui des Mèdes, dont

le roi Cyaxare s’unit à la Babylonie et à l’Égypte pour renverser la ville qui, depuis tant d’années, courbait le monde sous sa loi.

La ruine de Ninive fut rapide et complète, et l’on ne peut pas trop s’étonner de cette chute prodigieuse, quand on songe au prix de quels efforts sans cesse renouvelés l’Assyrie maintenait sa domination. Cet empire, s’usait dans la lutte; il était bien le colosse aux pieds d’argile dont parle l’Écriture ; lorsqu’il fût tombé dans la poussière, il ne put jamais se relever.

Cette catastrophe mémorable, unique dans l’histoire du monde, reste d’ailleurs enveloppée d’un tragique mystère. Nul écrivain ne nous en raconte les détails, et Ninive tomba dans un anéantissement, dans un oubli tel, qu’elle semble avoir disparu radicalement de la surface de la terre jusqu’au jour où la pioche des archéologues vint la troubler dans son tombeau. Tout ce qui demeure pour éclairer d’une lueur sinistre la destruction de la fière cité, ce sont les paroles pleines de haine farouche, par lesquelles les prophètes juifs annoncent au monde l’accomplissement des vengeances de Iahvé :

« Le Seigneur prononcera ses arrêts contre vous, prinees de Ninive; le bruit de votre nom ne se répandra plus à l’avenir ; j’exterminerai les statues et les idoles de la maison de votre dieu; je la rendrai votre sépulcre, et vous tomberez dans le mépris. »

« Ninive est détruite ; elle est renversée, elle est déchirée. On n’y voit que des hommes dont les cœurs sèchent d’effroi, dont les genoux tremblent, dont les corps tombent en défaillance. »

« L’Ethiopie était sa force, et elle trouvait dans l’Égypte des ressources infinies ; il lui venait des secours de l’Afrique et de la Libye. »

« Et cependant elle a été elle -même emmenée captive dans une terre étrangère; ses petits enfants ont été écrasés au milieu de ses rues, et ses plus grands seigneurs ont été chargés de fers. »

« O roi d’Assur ! Vos pasteurs et vos gardes se sont endormis, vos princes ont été ensevelis dans le sommeil, votre peuple est allé se cacher dans les montagnes, et il n’y a personne pour le rassembler. »

« Votre ruine est exposée aux yeux de tous ; votre plaie est mortelle ; tous ceux qui ont appris ce qui vous est arrivé ont applaudi à vos maux ; car, qui n’a pas ressenti les effets continuels de votre méchanceté? » (Nahum.)

Deuxième Empire Chaldéen (de 625 à 533 av. J. -G.). — Babylone hérita pour un siècle de la puissance de Ninive. Elle eut, elle aussi, son grand monarque, ambitieux et superbe, rival devant J 'histoire des Sargon et des Assur-bani-pal.

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Nabuchodonosor, associé de bonne heure au trône que son père Nabonassar avait fondé, devint à son tour le fléau des petits États de l’Asie antérieure. Jérusalem fut prise et son peuple traîné en captivité. L’orgueilleuse Tyr elle-même, après une résistance qui

D’après Layard-

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