‹ Les premières civilisationsChapitre 119 sur 189 · FIG. 292. — ASSUR-BANI-PAL A LA CHASSE · texte numérisé non relu

FIG. 292. — ASSUR-BANI-PAL A LA CHASSE

(Bas-relief de Ninive, VIIe siècle avant J.-C.)

l’Olympe clialdéen. C’était là surtout, Lien avant que la civilisation eût atteint la gracieuse Hellade, que le ciel sur la terre

« Marchait et respirait dans un peuple de dieux. »

Les peuples de la Mésopotamie furent parmi les plus religieux du monde; et ce sentiment, chez eux, loin d’être toujours une aveugle superstition, acquérait parfois une grande profondeur, par la conscience de la misère et de la dépendance humaines, et par l’idée des devoirs élevés que la sainteté divine exige de nous. On peut en juger par l’hymne suivant, comparable aux plus remarquables des psaumes juifs :

Seigneur, la violente colère de ton cœur, qu’elle s’apaise !

Le Dieu que je ne connais pas, qu’il s’apaise!

mage des aliments de colère, je bois des eaux d’angoisse.

LA CIVILISATION CHALDÉO- ASSYRIENNE

De la transgression envers mon dieu, sans le savoir, je me nourris.

Dans le manquement à ma déesse, sans le savoir, je marche.

Seigneur, mes fautes sont nombreuses, grands mes péchés.

Déesse qui connaît l’inconnu, mes fautes sont très grandes, très grands mes péchés.

J’ai fait des fautes, et ne les connais pas.

J’ai commis le péché, et ne le connais pas.

Le Seigneur, dans la colère de son cœur, a rougi de fureur contre

moi.

Le dieu, dans la fureur de son cœur, m’a accablé.

La déesse s’est irritée contre moi et m’a amèrement troublé.

Je suis prosterné et personne ne me tend la main.

Je crie ma prière et personne ne m’entend.

Je suis exténué, languissant, et personne ne me délivre.

Je m’approche de mon dieu miséricordieux, et je prononce des lamentations.

J’ai commis des fautes, que le vent les enlève.

Mes blasphèmes sont très nombreux, déchire-les comme un voile.

O mon dieu, mes péchés sont sept fois sept — ■ absous mes péchés.

Absous mes fautes, dirige celui qui se soumet à toi.

Ton cœur, comme celui d’une mère qui a enfanté, qu’il s’apaise.

Cette profonde religiosité de la Chaldée, en s’épanchant à travers les siècles, comme un grand fleuve, a rafraîchi et désaltéré des millions de cœurs humains. Elle a été la source des croyances les plus élevées et les plus consolantes qui aient charmé et encouragé notre race dans son long chemin vers un but qui recule toujours sans lasser son effort. De nouvelles aspirations, de nouveaux besoins, demandent aujourd’hui pour nos âmes une nourriture plus forte. Mais nous devons nous tourner avec reconnaissance vers ces vieux mages, qui à force d’interroger leur beau ciel toujours pur, en ont l'ait descendre sur la terre tant d’illusions sublimes ou charmantes dont notre cœur s’enchante encore alors même que notre raison n’y croit plus.

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