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LES ARTS INDUSTRIELS

Comme on vient de le voir à propos des briques émaillées, l’art de travailler l’argile était très avancé dans la Mésopotamie. Cette substance joua d’ailleurs sur les bords de l’Euphrate et du Tigre un rôle plus important que partout ailleurs. Répandue en abondance dans de vastes plaines marécageuses, et facilement mise en œuvre, elle fut appliquée à une foule d’usages.

Sous forme de briques cuites ou crues, elle entra presque seule dans la construction des monuments, tandis que sous celui de faïence émaillée, elle en devint l’ornement principal; réduite en tablettes minces, elle tint lieu de papier et composa les bibliothèques; pétrie en forme de vases gigantesques, elle servit même de cercueils.

Cependant, malgré le parti que les Assyriens surent tirer de l’argile, ils ne furent jamais de très habiles potiers. Ils connurent le tour, et façonnèrent un nombre prodigieux d’ustensiles de terre, à en juger par la quantité qui nous est parvenue. Mais il. est bien rare de trouver une forme un peu artistique ou gracieuse parmi ces innombrables échantillons. Le modèle rencontré le plus fréquemment est la jarre ovoïde, à fond pointu, que l’on plantait* dans le sable ou sur un support pour la faire tenir.

LA CIVILISATION CH ALDÉO- ASS YRIENNE

Les objets .de verre ne sont pas beaucoup plus élégants. Cette substance a été fabriquée très anciennement dans la Mésopotamie. On possède un vase portant le nom de Sargon, découvert à Nimroud, et qui est le plus antique échantillon de nos musées.

Les coupes, les vases de verres assyriens, offrent une irisation très remarquable, qui les a fait comparer aux produits de Venise, et qui, à première vue, émerveilla les explorateurs. On s’est rendu compte bien vite que ces fines nuances changeantes sont un effet du temps et ne devaient pas exister lors de la fabrication primitive.

Il ne nous est parvenu aucun débris de l’industrie textile des Assyriens ni des Babyloniens. Mais nous pouvons juger de la décoration de leurs tissus par les dessins figurant sur les bas-reliefs. Nous savons d’ailleurs, par les écrivains grecs et hébreux, quelle était la renommée des tapis et des étoffes fabriqués en Mésopotamie. Après la prise de Jéricho, nous voyons un Israélite, nommé Hachan, transgresser la loi d’interdit qui livrait tout le butin aux flammes et s’exposer à la mort pour s’approprier « une belle robe de Seinhar » (Chaldée).

Comme pour les faïences émaillées, nous pouvons dire que cette industrie ne s’est jamais éteinte dans le pays où elle a été si florissante. Les teinturiers et les tisserands chaldéens ont encore aujourd’hui des élèves parmi les ouvriers qui fabriquent les admirables tapis de Smyrne.

Tous les arts industriels atteignirent d’ailleurs un rare degré de perfection dans la Mésopotamie. Jamais civilisation ne fut plus fastueuse que ceile de Ninive et de Babylone. Les bijoux, les vêtements, les armes, les meubles, que nous voyons figurés sur les sculptures, sont d’une richesse et d’une finesse de travail qui n’ont été dépassées par aucun peuple. Les broderies des robes et des manteaux des rois sont la répétition des principales scènes des bas-reliefs. Les poignées des glaives sont formées par des lions affrontés; les dossiers des sièges sont soutenus par des rangs de captifs sculptés dans le bois ou l’ivoire; les objets d’un usage familier, tels que les peignes, sont ornés de personnages ou de motifs d’ornement ciselés. Rien n’est simple, rien n’est uni, dans ces villes opulentes et fières, dont le luxe est resté proverbial. Non seulement il fallait satisfaire sans cesse à leurs fastueux besoins, mais encore fournir aux mar-

chés étrangers qui venaient s’alimenter dans les fabriques célèbres de la Chaldée et de 1 Assyrie. Aussi nous pouvons imaginer, derrière la mollesse de Babylone et l’activité guerrière de Ninive, une classe qui fît peu de bruit dans l’antiquité, mais qui n’en joua pas moins un rôle actif pour le progrès de la civilisation : la classe innombrable et ignorée des laborieux artisans.

Comme il nous est impossible d’entrer dans le détail de tous les

FIG. 341 à 374. — SPÉCIMENS DIVERS DE BIJOUTERIE ASSYRIENNE.

(Chasse-mouche, parasol royal, bracelets et boucles d’oreilles.)

métiers qui florissaient en Mésopotamie, nous dirons seulement quelques mots de ceux qui prirent le plus d’importance et touchèrent de plus près à l’art, c’est-à-dire le travail des métaux et la glyptique.

Pour l’extraction et le travail des métaux, les Assyriens et même les anciens Chaldéens dépassèrent tous les peuples de l’antiquité et ne peuvent être rapprochés que des nations modernes. En effet, ils connurent les métaux les plus importants, notamment le fer, et surent fabriquer l’acier.

On a attribué à la possession du fer et à la découverte du secret de l’acier la longue et écrasante domination de Ninive sur l’Asie. Une supériorité aussi manifeste n’a pu avoir évidemment une seule

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cause, mais il est certain que celle-là doit être comptée parmi les plus importantes. Dans le magasin des fers du palais du Khorsabad, on a retrouvé une quantité énorme d’instruments de toutes sortes, soit tout en fer, soit en fer avec pointes d’acier : c’étaient

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