FIG. 389. — JÉRUSALEM. PORTE DE DAMAS
Cette porte, la plus importante de celles par lesquelles on pénètre dans Jérusalem, fut, suivant une inscription, reconstruite en 1537 par l’empereur Soliman le Magnifique.
chose de ton troupeau, de ton aire et de ta cuve; tu lui donneras des biens dont Iahvé, ton Dieu, t’aura béni, te souvenant que, toi aussi, tu as été esclave au pays d’Égypte. »
Dans le Lévitique, nous voyons l’ordre de traiter, non comme des esclaves, mais comme des serviteurs à gages, les enfants d’Israël qui auront été vendus pour dettes :
« Mais pour ce qui est de ton esclave et de ta servante qui seront à toi», ajoute le législateur, « achète-les des nations qui sont autour de vous; vous achèterez d’elles l’esclave et la servante. »
Comme chez tous les peuples soumis au régime patriarcal, les membres de chaque tribu formaient chez les Juifs une famille très unie dont tous les membres se donnaient toujours une aide réciproque.
« Quand un de tes frères sera pauvre parmi toi, dans quelque lieu de ta demeure, tu n’endurciras point ton cœur, et tu ne resserreras point ta main à ton frère qui sera dans la pauvreté », dit le Deutéronome.
« Mais tu ne manqueras pas de lui ouvrir la main, et de lui prêter sur gage, autant qu’il en aura besoin, pour l’indigence où il se trouvera. »
L’usure qui, de tout temps, fut une pratique favorite chez les fils d’Israël vis-à-vis des étrangers, était rigoureusement interdite entre eux. L’idée de la solidarité de race fut toujours la seule barrière assez puissante pour mettre un frein à l’âpreté du Juif.
L’esprit de famille, antique sentiment, né sous la tente et nourri dans le désert, ne s’éteignit pas après - la conquête. L’autorité du père fut toujours sacrée; la bénédiction et la malédiction paternelle eurent toujours la même portée, presque surnaturelle.
Cependant le chef de famille perdit le droit de vie et de mort sur ses enfants, et celui d’intervertir l’ordre de leurs naissances en reconnaissant pour l’aîné celui qu’il préférait.
D’ailleurs le droit d’aînesse ne conférait en Palestine que des avantages purement moraux avec une très légère augmentation d’héritage, les biens étant partagés entre tous les enfants, même les filles.
Une postérité nombreuse semblait être la plus haute faveur que Iahvé pùt accorder à un homme. La stérilité pour la femme était un opprobre.
Lorsqu’un homme mourait sans enfants, son frère cadet était tenu d’épouser la veuve, et, suivant l’expression biblique de « susciter lignée à son frère. »
Si le défunt n’avait pas de frère, c’était le plus proche parent qui devait épouser la veuve. Le refus en pareil cas était une action déshonorante.
La femme que son beau-frère refusaitd’ épouser devait se rendre à la porte de la ville, devant les anciens qui y siégeaient — car la porte jouait chez les Juifs, comme dans tout l’Orient, le rôle de forum et
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de tribunal. Nous avons déjà signalé cet usage à propos des portes monumentales de l’Assyrie.
Et la veuve repoussée devait dire aux anciens :
« Mon beau-frère refuse de relever le nom de son frère en Israël, et ne veut point m’épouser par droit de beau-frère. »
Les anciens alors faisaient venir le récalcitrant et l’exhortaient à remplir son devoir. S’il persistait dans son refus, sa belle-sœur lui ôtait un soulier et lui crachait au visage devant les anciens, disant :
« C’est ainsi qu’on fera à l’homme qui ne soutiendra pas la famille de son frère.
« Et, » ajoute le Deutéronome, « son nom sera appelé en Israël la maison du déchaussé. »
La polygamie fut toujours très répandue en Israël, et ne rencontra jamais aucune opposition de la part de la loi civile ou religieuse. Dès l’époque patriarcale, nous voyons Abraham, Jacob, avoir plusieurs femmes. Jacob épousa régulièrement les deux sœurs, Lia et Rachel. Salomon avait plusieurs centaines de femmes. On les obtenait comme aujourd’hui chez les Arabes par voie d’achat.
La virginité était très estimée chez les Juifs. Lorsqu’un homme prouvait que la jeune fille qu’il avait épousée n’était pas vierge, alors que les parents la lui avaient donnée pour telle, on assommait la coupable à coups de pierre. Si l’accusation du mari était fausse, il était condamné à payer aux parents cent pièces d’argent, et il lui était interdit de divorcer.
Celui qui faisait violence à une jeune fille était forcé de la doter et de l’épouser.
Mais si la jeune fille était fiancée, le viol équivalait à un adultère et était puni de mort.
Une singulière disposition voulait que la jeune fille fut reconnue coupable de complicité et lapidée si l’acte criminel avait eu lieu dans un endroit habité, parce qu’elle aurait dû appeler à l’aide et ne l’avait pas fait. En pleins champs, elle était reconnue innocente, car elle avait pu crier sans être entendue.
La foi conjugale était respectée chez les Israélites, et l’adultère réputé comme un crime capital, que la loi punissait de mort. Il
s’agit ici, bien entendu, de l’adultère de la femme. Celui de l’homme n’existait pas, puisqu’il pouvait prendre autant d’épouses légitimes ou illégitimes que ses moyens le lui permettaient. L’homme n’était réputé criminel que lorsqu’il touchait à une jeune fille fiancée ou à une femme mariée, auquel cas il encourait la peine de mort.
L’adultère n’était pas d’ailleurs le seul crime que la loi devait interdire au tempérament lascif des Israélites. Les plus violents débordements étaient énumérés dans leurs codes, chacun en regard d’une peine sévère. Mais cette sévérité même montre que les transgressions étaient fréquentes.
L’inceste, avec sa sœur, avec sa propre mère, le commerce des hommes entre eux et des femmes entre elles, la bestialité sous toutes ses formes, tels étaient les péchés les plus habituels de cette race, dont Tacite a remarqué l’insatiable sensualité.
Comme chez tous les peuples voluptueux, on voulut toujours en Israël mêler les plus grossiers plaisirs aux rites sacrés et les sanctifier par la religion. Les prostitutions en l’honneur d’Astarté; les orgies pieuses sur les tapis de fleurs, à l’ombre des bois d’oliviers, dans les nuits tièdes, constituèrent un genre de culte qui ne cessa jamais d’être pratiqué en Palestine, malgré l’indignation des prophètes.
Les interdictions contenues dans le chapitre xvm du Lévitique telles que* celles de l’inceste, des rapports des hommes entre eux, des rapports des hommes ou des femmes avec des animaux, défenses que la plupart des codes n’ont pas promulguées les considérant comme inutiles, montrent le degré de lubricité auquel était arrivé le peuple juif.
La femme dans la société juive, de môme d’ailleurs que chez tous les peuples primitifs, était très dépendante. On la considérait comme une propriété que l’on achetait à son père en l’épousant, et dont on était le maître presque absolu.
Un vœu ou un serment d’elle ne comptait pas si le mari ne le ratifiait.
Cependant elle n’était point enfermée ainsi que la femme orientale de nos jours. Lorsqu’elle était douée de qualités exceptionnelles, elle pouvait même jouer un certain rôle, comme Marie,
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la sœur de Moïse, et Débora, qui exerça l’autorité d’un juge.
Les femmes étaient aptes à hériter chez les Juifs. La mère de famille avait droit au respect tout comme le père. « Honore ton père et ta mère, » dit l’Exode. Celui qui frappait son père ou sa mère était puni de mort.
La loi criminelle des Israélites reposait tout entière sur le sys-
D'après une photographie.