FIG. 390. — RÉSERVOIR MAMILLAH, PRÈS DE JÉRUSALEM
Ce réservoir est probablement la Piscine dite des Serpents, mentionnée par l’historien Josèphe. Il a 90 mètres de longueur. Il alimente un autre réservoir situé dans l'intérieur de Jérusalem et dont la construction est attribuée au roi Ézéchias.
tème barbare et primitif de la peine du talion. Elle se résume dans les lignes suivantes du Lévitique :
« On punira de mort celui qui aura frappé à mort quelque personne que ce soit. »
« Celui qui aura frappé une bête à mort la rendra; vie pour vie. »
« Et quand quelque homme aura fait outrage à son prochain, on lui fera comme il a fait. »
« Fracture pour fracture, œil pour œil, dent pour dent, on lui fera le même même mal qu’il aura fait à un autre homme. »
Cette loi était appliquée même aux animaux :
« Si un bœuf heurte de sa corne un homme ou une femme et que la personne en meure, le bœuf sera lapidé sans aucune rémission. »
C’était au nom de la communauté que les criminels étaient jugés et punis. Cependant un reste des mœurs tout à fait primitives, où l’offensé se fait justice à lui-même, subsistait encore dans la société juive. C’était le droit de vengeance attribué au plus proche parent d’un homme assassiné. Ce proche parent, appelé le garant du sang, avait le droit de tuer le meurtrier, excepté toutefois dans le temple et dans certains lieux de refuge.
Cette trace d’un degré inférieur d’évolution au-dessus duquel les Juifs ne s’élevèrent jamais beaucoup, n’est pas la seule que l’on constate dans leurs usages. Ainsi le jubilé est une forme atténuée du communisme primitif.
Tous les quarante-neuf ans — une semaine d’années, comme disaientles Juifs, sept fois sept ans — s’ouvrait Vannée dujubilé, la cinquantième, pendant laquelle on laissait la terre en friche, où tous les esclaves étaient mis en liberté, et où chaque famille israélite était réintégrée dans l’héritage de ses pères, dans la part donnée à ses ancêtres au moment du partage.
Outre Vannée du jubilé , il y avait tous les sept ans Vannée de relâche, où les dettes étaient remises et où les Israélites que leur pauvreté avaient réduits en esclavage recouvraient la liberté. « Afin, disait la loi, qu’il n’y ait pas de pauvres parmi vous. »
On le voit, c’est tout à fait le communisme antique, l’obstacle primordial de tout progrès, auquel le socialisme d’Etat voudrait nous ramener. Peut-être faut-il chercher dans la persistance de ces institutions primitives une des principales raisons qui empêchèrent le développement industriel, artistique, intellectuel de la société juive.
L’attentat à la propriété était une faute grave punie par la restitution au double, au triple, de la valeur de l’objet dérobé; parfois même il fallait rendre cinq fois, sept fois cette valeur.
Un châtiment très grave, appliqué dans plusieurs cas, était le retranchement de l’assemblée d’Israël, autrement dit une sorte de mort civile. Celui qui supportait cétte excommunication perdait
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les précieux avantages que donnaient le titre d’Israélite et cette puissante solidarité dont bénéficiait le moindre des descendants de Jacob.
Le gouvernement des Hébreux rappela toujours le régime patriarcal observé chez tous les nomades.
Les anciens gardèrent, même sous la monarchie, une grande autorité dans chaque ville.
Pendant des siècles, les cheiks ou juges recevaient le commandement en temps de guerre à la façon des chefs de bandes nomades.
Les rois eux-mêmes eurent ce caractère paternel ou militaire d’où relêvait toute autorité en Israël. Ils ne ressemblèrent jamais aux orgueilleux souverains de l’Asie, sortes de demi-dieux dont on n’approchait qu’en tremblant et au péril de sa vie. S^ül, David, Salomon lui-même et tous leurs successeurs, vécurent très près du peuple, sans étiquette, accessibles à tous, rudoyés par les prophètes, impunément insultés parfois, comme David par Scimhi, qui lui jeta des pierres.
La vie privée des Israélites était simple. Leurs plus grandes richesses consistaient en troupeaux, en fruits, en blé, en vêtements de rechange.
Ils s’habillaient à peu près comme les Arabes de nos jours et portaient des sandales. De tous temps, ils eurent le goût des bijoux. La coquetterie des femmes devint très grande vers les derniers temps de la royauté. La recherche de leurs parures souleva la colère des prophètes. J’ai cité à propos du luxe de Babylone l’énumération des ajustements de ces vaniteuses filles d’Orient, tels qu’ils se trouvent détaillés dans la bouche sévère d’Isaïe.
Le plus grand faste qui fut jamais déployé en Israël parut à la cour de Salomon.
« La reine de Saba », racontent, les Chroniques, « fut toute ravie en ellemême lorsqu’elle vit la maison qu’il avait bâtie et les mets de sa table, les logements de ses serviteurs, l’ordre et le service de ses officiers, leurs vêtements, ses échansons et leurs vêtements, et la montée par laquelle il montait dans la maison de l’Éternel. »
On peut voir à l’étonnement respectueux aVec lequel l’historien décrit les boucliers d’or dont Salomon orna son palais, son trône d’ivoire incrusté d’or, sa vaisselle d’or, quelle impression un tel déploiement de luxe pouvait faire sur l’esprit simple des Hébreux.
Il est curieux de remarquer que, dès cette époque, les Juifs se plaisaient à l’étalement brutal des richesses, au luxe coûteux et voyant plutôt qu’aux précieux objets d’art, dont ils n’adoptèrent jamais le goût que par esprit d’imitation.
Pour décrire les magnificences étalées par Salomon, l’auteur des Chroniques n’a que le mot d’o^ à la bouche. Ce mot revient douze fois en quelques lignes.
« Il avait cinq cents boucliers d’or faits avec neuf cents pièces d’or..., le trône était d’ivoire couvert d’or..., le marchepied était d’or..., les accoudoirs étaient d’or..., la vaisselle était d’or... Il n’y en avait pas d’argent; l'argent n’était point estimé au temps de Salomon. »
Comme l’étalage de cet or sous toutes les formes, dans des palais et dans un temple dépourvus de toute beauté artistique, montre bien l’âme juive, avec une candeur presque grossière.
La source de ces richesses était le commerce, et surtout à ce moment le commerce maritime, dont Salomon fit un essai qui ne dura pas. Israël ne se souciait pas de la mer. Les navires et les matelots dont le roi fit usage étaient empruntés à la Phénicie, comme le bois de cèdre et les architectes du temple.
« Hiram lui envoya des navires et des serviteurs expérimentés dans la marine, qui s’en allèrent avec les serviteurs de Salomon à Ophir, et qui rapportèrent de là quatre cent cinquante talents d’or...
« Et les navires du roi allaient à Tarsis avec les serviteurs du roi Hiram; et les navires de Tarsis revenaient en trois ans une fois, apportant de l’or, de l'argent, de l’ivoire, des singes et des paons. »
Les maisons des Israélites ne différaient guère de celles que l’on voit aujourd’hui en Syrie. Celles des riches étaient en pierre et celles des moins fortunés en briques.
Elles étaient simples intérieurement, meublées de lits, de tables, de sièges et de vases à parfums, probablement assez ordinaires comme matière première et comme forme.
Le premier luxe que les législateurs aient essayé de généraliser en Israël, et qu’ils semblent avoir eu bien du mal à obtenir, c’était
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la propreté. Elle était indispensable à cette race malsaine plus qu’à toute autre, pour ne pas être absolument rongée par les ulcères, la gale, les dartres, la lèpre. Le plus clair héritage des enfants d’Israël, indépendamment des douteuses promesses de Iahvé, c’est un sang vicié, toujours prêt à les couvrir de maladies cutanées.
Leurs législateurs avaient constaté que la chair du porc, les
D’après nne photographie.