FIG. 391. -- VUE DE BETHLÉEM
C’est dans cette ville que, suivant la tradition, naquit Jésus-Christ. Elle fut la patrie de la famille de David et habitée par ses descendants les plus illustres. De l’ancienne Bethléem, détruite plusieurs fois,' il ne reste que des souvenirs.
viandes saignantes, les mollusques, les coquillages favorisent le développement des affections de la peau, et c’est pour cette raison sans doute qu’il leur interdisaient rigoureusement cette nourriture. Manger du porc était en abomination à Iahvé. Quant à la viande de boucherie, on ne devait en faire usage qu’absolument exsangue.
Il fallait également des prescriptions légales sévères pour empêcher les Israélites de manger du chien, des charognes et toutes sortes de malpropretés.
Les purifications, les ablutions leur étaient ordonnées. La circoncision fut également une mesure d’hygiène. Des soins extrêmes devaient être pris par les femmes dans toutes les situations où la nature leur impose d’inévitables souillures.
Toutes ces mesures portaient avec elles une sanction religieuse, qui en rendait l’infraction redoutable.
Des chapitres entiers du Lévitique sont consacrés à la description des maladies de la peau et aux précautions nécessaires d’isolement qui devaient empêcher leur contagion. Dès qu’un homme était atteint seulement d’un bouton de chaleur, il devait se montrer aux prêtres qui décidaient si le cas pouvait devenir grave ou non. Les vêtements portés par les malades, les objets touchés par eux devaient être brûlés.
Ce n’est qu’au prix de pareilles précautions hygiéniques au’Israël réussit à se perpétuer.
Les Juifs, contrairement à la plupart des Orientaux, redoutaient beaucoup la mort, au delà de laquelle ils n’entrevoyaient qu’un triste repos dans un lieu sombre. Ils célébraient avec exaltation la fête de la vie, et pleuraient ceux qu’ils perdaient en témoignant une douleur exubérante qu’il fallut parfois réprimer.
On hurlait, on gémissait, on se frappait la poitrine, on déchirait ses vêtements, on se couvrait de cendres en signes de deuil. Nul témoignage de douleur ne semblait exagéré en un jour de funérailles. Le mort était porté au tombeau de famille, creusé dans le roc. C’est là, suivant l’expression biblique, qu’il était « recueilli avec ses pères ».
Les manifestations bruyantes apparaissaient, du reste, dans la joie comme dans la tristesse. David, amenant l’arche de Iahvé à Jérusalem, était si joyeux, que tout à coup il enleva ses vêtements et se mit à sauter de toute sa force avec des cris de joie, scandalisant fort d’ailleurs sa femme Mical, fille de Saül, qui le traita de fou.
Si l’on voulait résumer en quelques mots la constitution mentale du peuple juif telle qu’elle se dégage de ses livres, on pourrait dire qu’il resta toujours très voisin des peuples les plus primitifs. Il était volontaire, impulsif, imprévoyant, naïvement féroce,
LA CIVILISATION JUIVE
comme le sont les sauvages et les enfants. Il manqua toujours cependant de la grâce qui rend si charmantes la jeunesse des hommes et des races. S’étant trouvé, encore barbare, tout à coup plongé au sein de la civilisation asiatique, vieillie, raffinée, corruptrice, il devint vicieux, tout en restant ignorant. Il perdit les qualités du désert, sans acquérir le développement intellectuel qui est l’héritage des siècles.
Au point de vue des institutions, le tableau de la société juive peut se résumer en deux mots : une organisation patriarcale avec les mœurs, les goûts, les vices, les superstitions des cités asiatiques devenues trop vieilles.
Ezéchiel exprime cette idée au chapitre xvi lorsqu’il rappelle la naissance infime et les débuts mesquins de la nation juive, puis l’enivrement qui suivit l’établissement en Palestine.
« Tu ne t’es point souvenue de ta jeunesse, dit Iahvé à la race rebelle, mais tu t’es prostituée avec les enfants d’Assur, et maintenant tu portes sur toi l’énormité de tes abominations. »